Stratégies de Survie.

Parallèle entre les Stratégies de Survie dans le monde animal et le monde des entreprises. Première Partie

Par Don Carol

Avertissement
Le monde est en proie à des crises convulsives chroniques. Cela pose une difficile problématique de survivance aux hommes et à leurs entreprises . Cette situation a toujours existé dans la nature où le cycle des saisons, les accidents météorologiques, la concurrence et la prédation contraignent animaux et plantes à des adaptations permanentes… sous peine de mort. C’est pourquoi m’est venue l’idée de faire un parallèle entre les stratégies de survie du monde animal avec celles du monde des entreprises.

L’idée est simple: En regardant comment les animaux ont survécu et évolué au cours de millions d’années en s’adaptant à leurs environnements changeant, on doit pouvoir dégager quelques idées sur la façon dont les entreprises aujourd’hui peuvent survivre à l’accélération du temps et à l’imprévisibilité du monde.

Cette comparaison a ses intérêts et ses limites et bien entendu quelques à priori. Tout d’abord le monde animal n’est pas soumis à certaines influences qui existent dans le monde humain. Je veux parler de morales et de religions, de mécanismes de pression médiatiques ou syndicales, des influences des systèmes juridiques ou de la corruption. Le monde animal est donc en quelques sortes plus “naturel”.

En revanche les lois et décrets qui gouvernent en partie l’action des décideurs économiques existent bien chez les animaux sous forme de lois de la nature. Mais elle ne tendent pas vers le même objectif. Les lois humaines visent à contrer certaines lois de la nature en particulier la “loi du plus fort”. Mais on sait bien qu’elle n’y parviennent pas. C’est donc un à priori de cette étude que les lois humaines ne parvenant pas vraiment à contrer les lois de la nature, la loi du plus fort existe bel et bien dans le monde des entreprises. C’est une raison de plus de comparer les stratégies de survies du monde animal avec celui les entreprises.

Autre élément de contexte à prendre en considération: Les adaptations du monde animal et végétal se sont faites en plusieurs millénaires. Alors que les entreprises aujourd’hui vivent avec un temps accéléré et leurs adaptations doivent se faire en temps réel.

Si certains animaux sont plus rapides que d’autres à s’adapter en mutant, c’est le cas des papillons, d’autre n’y parviennent pas tant les conditions leur sont inadéquates et disparaissent. Raison de plus pour s’inspirer des stratégies de survies des animaux qui doivent se nourrir en surveillant leur prédateur tout en risquant que la météo leur complique la tâche.

Les sources de cette étude sont très diverses: De même que le miel de l’abeille résulte d’un butinage dans les plaines qui l’entourent, mon texte est le produit de mes recherches sur les champs du net. Le sujet est effrayant tellement il est vaste et riche de possibilités. Il est facile de s’y perdre tant chaque espèce animale est passionnante.

L’ambition d’une véritable étude comparative supposerait que l’on détiennent la profondeur des connaissances de biologiste, d’économistes, d’écologistes ou de comportementalistes. Ce n’est pas mon cas. Les lignes qui suivent sont donc très insatisfaisante par rapport à l’intérêt du sujet. Alors l’intention est simplement de faire germer quelques approches stratégiques en s’inspirant de celles du monde animal et végétal.

Cet essai sera publié en quatres parties.

Partie 1.
Sur quoi peut on baser une comparaison du monde animal avec le monde de l’entreprise?

L’animal doit manger pour survivre et l’entreprise doit engranger des profits pour survivre.

Nourriture = profit. Ce n’est pas un hasard si l’on dit que “manger profite”. Dans les deux cas, ne pas manger pour les animaux et ne pas faire de profit pour les entreprises conduit à la mort ou à la faillite. On peut donc, si l’on pense que la nature est un bon exemple, dire que le profit est naturel. Ce qui n’est pas le cas dans certains pays de culture héritée de l’église catholique romaine où gagner de l’argent était et est encore mal vu et emprunter était interdit, alors que dans d’autres, de culture protestante, c’est un devoir dans une vie que de gagner et fructifier. Par dérivation le simple fait de “Gagner” finit par être considéré avec méfiance chez les uns et respect chez les autres. C’est donc un exemple où une religion vient à l’encontre d’une loi naturelle alors qu’une autre la place au centre de la vie économique.

Les animaux pratiquent différentes techniques pour obtenir leur nourriture/profit. Les  entreprises pratiquent un métier, des techniques et un savoir faire pour faire leur profit.

Il y a de l’ingéniosité dans la nature. Les araignées tissent des toiles, les abeilles transforment le pollen en miel, des fourmis cultivent les champignons et d’autres élèvent des pucerons, les lionnes chassent leurs proies en équipe, les dauphins font des nuages de sable pour encercler des bancs de poissons, les tigres chassent en solitaire etc. En gros il y a les métiers de production, de culture, de cueillette, d’élevage etc. Cependant certains métiers n’existent pas dans la nature comme les services, les avocats, les administrations, les notaires (pas d’héritage ni de propriétés dans la nature sauf une territorialité dans certains cas).

Le milieu naturel d’un animal équivaut au marché d’une entreprise. Sa richesse et sa taille conditionnent les stratégies de survie et les stratégies territoriales.

Le milieu naturel évolue selon les saisons ce qui force l’animal à modifier sa recherche de nourriture. Ce qui se traduit par des migrations à l’approche de l’hiver quand la nourriture se raréfie;  par des déplacements pour rechercher les lieux ou les proies abondent; par des changements de mode de consommation selon les cueillettes saisonnières, ou tout simplement par une mise en état d’hibernation pour laisser passer l’absence de nourriture, etc

Ce milieu naturel, qui est le marché pour l’entreprise, peut être cause de faillite s’il n’est pas pris en compte. Or pourtant, certaines entreprises semblent ne rien voir venir par une sorte de cécité paralysante devant la baisse de leur résultats ou par une arrogance basée sur le principe du “j’ai réussi et je réussirait toujours”. Ou encore certaines entreprises sont empêchées d’évoluer par des lois qui veulent réguler leur facultés d’adaptation faisant fi des transformations des marchés.

La rigidité n’est pas naturelle dans un monde où tout évolue sans cesse. Chez les animaux elle est rare. Il n’y a pas de seconde chance dans la nature. Si le marché est épuisé, l’entreprise doit se reconvertir ou disparaître tout comme l’animal change sa nourriture ou migre. Le milieu économique, français par exemple, a perdu de son naturel par les rigidités et le nombre de ses lois sur le travail et en particulier sur le licenciement. Le milieu chinois en est à l’opposé et le milieu américain est entre les deux.

Enfin n’oublions pas les entreprises dont l’adaptation n’est plus possible car elles ne s’appartiennent plus: Leurs dirigeants ont perdu le pouvoir au profit des actionnaires qui ne poursuivent pas toujours les memes objectifs que  ceux de leurs fondateurs.

Presque chaque élément de la flore et de la faune est à la fois proie et prédateur. Les entreprises sont parfois la proie d’un concurrent ou le raider d’un autre, le client de l’un ou le fournisseur de l’autre et parfois les deux. 

A l’exception des extrêmes qui ne risquent rien et encore ce n’est pas sûr, chaque maillon de la chaîne alimentaire doit se méfier de ses voisins. En somme chaque animal est soumis non seulement à son environnement naturel mais à la faune et la flore qui cherchent à faire de lui son profit personnel.

La surveillance constante de son environnement pour les animaux est essentielle pour la chasse tout autant que pour se protéger des attaques de son prédateur ou de son semblable lequel est toujours un concurrent au moment de partager une proie.

Le caméléon, quand il chasse, dirige son oeil gauche sur l’insecte qu’il convoite et en même temps son oeil droit surveille dans toutes les directions l’attaque possible d’un prédateur. Les cervidés dirigent chaque oreille dans un direction différente pour détecter le moindre bruit alentours.

L’entreprise se doit, elle aussi, de surveiller concurrents, fournisseurs, clients et distributeurs, législateurs et régulateurs par tous les moyens dont elle dispose depuis l’interview jusqu’à l’intelligence économique pour anticiper son avenir. Un oeil sur le client et l’autre sur le concurrent comme le caméléon. Ne pas surveiller, tester, évaluer, sans faire de bruit ni être remarqué entraîne la perte du profit, ou la perte de l’entreprise elle même.

L’environnement (terre, mer, air, plantes, corps vivants etc…) interagit localement avec les mondes animal et végétal; tout comme ils interagissent constamment à l’échelle planétaire.

La maladie des coraux réduit la faune dont il est l’environnement et toute la chaîne alimentaire locale en est bouleversée. Un mauvaise saison au Canada affectera la reproduction des papillons monarques et 5000 kilomètres plus loin dans les forets des montagnes du Mexique ou ils migrent pour l’hiver certains oiseaux qui s’en nourrissent en seront affectés. L’interdépendance faune et flore n’est pas à démontrer.

Mais alors que dire de l’interdépendance des mondes de l’entreprise avec leurs environnements? Le tsunami qui provoqua le drame de Fukushima a ralenti les livraisons d’IPad aux États Unis. Les entreprises sont soumises aux aléas de la nature mais elle même sont responsable de bien des déséquilibres. Cette fois la question concerne l’environnement naturel, pas seulement les marchés. Alors que la globalisation est un fait admis, qu’il est clair que le monde est un domino, beaucoup d’entreprises continuent d’agir comme si ce n’était pas le cas. Les stratégies catastrophes des entreprises pour ne pas rompre la chaîne de fourniture et de production ressemblent à celles des animaux soumis à un brutal changement de leur environnement

Les animaux survivent souvent grâce à leur capacité à communiquer. Ils communiquent pour avertir d’un danger, pour signaler une nourriture, pour coordonner une attaque ou enfin pour rechercher un partenaire.

On retrouve là les fonctions vitales: se nourrir, attaquer ou se défendre et enfin se reproduire. On ne sait pas encore grand chose de la communication de certains animaux mais l’on sait que tous la pratiquent. Elle est orale mais aussi écrite, quand un animal marque son territoire avec ses excréments, olfactive et visuelle comme par exemple lorsque certains oiseaux mâles s’embellissent au moment de la reproduction. On utilise aussi des moyens très modernes comme le radar chez les chauves souris ou on ne sait quelle Facebook ou Twitter pour les bancs de poissons qui évoluent tous ensemble. Bref un défaut de communication et on est mangé.

La communication chez les entreprises est aussi essentielle, elle s’appelle internet, publicité, logo ou packaging, relation presse quand elle veut se faire connaitre, séduire, attaquer ou se défendre.

La reproduction animale correspond aux actions qui assurent leur pérennité aux entreprise. Il y a ce même instinct dans les deux mondes.

Chez l’animal l’instinct de survie est un programme ADN qui se retrouve dans chaque cellule de son corps, comme chez l’homme. La seule fonction de ce programme est d’assurer la pérennité de la cellule et donc de l’espèce toute entière. Cette force de vie, de survie et de reproduction est pour certains philosophes la plus forte énergie qui soit et qui est à l’origine de toute action. Pour Schopenhauer en particulier l’instinct sexuel est la seule force qui préside à toute décision qu’elle soit économique, politique ou sociale.

Les entreprises ont cette même force intérieure qui n’est pas évoquée tant elle est intrinsèquement liée à sa propre existence. Chaque collaborateur qui compose son équipe agit dans le sens du développement et de la survie, comme chaque cellule agit selon le programme ADN. Ainsi la recherche de profit, la préservation d’un personnel qualifié et le développement sont les instincts premiers d’une entreprise qui concourent tous à la pérennité. La croissance, la compétition et le métier sont sa vie quotidienne et les moyens qu’elle met en oeuvre dépendent de sa capacité à percevoir son environnement, à mesurer son marché, à évoluer sa stratégie, à mettre en oeuvre son action plus rapidement que ses concurrents et à réaliser son profit.


Donc nourriture comme profit, technique de recherche de nourriture comme métier, milieu naturel comme marché et concurrents,  proie comme, prédateur comme raider, diversité des espèces et milieu comme secteurs économiques, reproduction comme pérennité sont les équivalences des deux mondes sur lesquelles ce travail veut s’appuyer pour donner aux entreprises un rappel de la facon dont la nature avant elle a reussi à se développer depuis quelques millions d’années. 

Suite bientôt.      

Carol

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About DonCarol

Mentor and coach to managers and entrepreneurs. Author of an essay on cultural differences in work and daily life between France and America. Carries more than 20 years of experience in international fortune 500 corporations before to start his own company.
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