Le contraste des couleurs dans l’Amérique de 2020.

Depuis deux ou trois décennies la palette des couleurs en Amérique subit une accentuation des pigments. C’est particulièrement le cas pour le blanc et le noir, le rouge et le bleu, le vert et le violet, le rose et le bleu pâle. Je veux parler du racisme blanc/noir, de l’antagonisme bleu/démocrates et rouge/républicains, de l’opposition vert/jeunes et violet/vieux et de la distinction bleu pâle/hommes et rose/femmes. On pourrait ajouter l’or et le gris pour parler du désamour riche pauvre.

Le racisme blanc noir n’est pas nouveau mais il n’a jamais été aussi perceptible. Il envahit les news que ce soit dans des faits divers tragiques et révoltants, dans les stratégies politiques différenciées par races ou dans les tristes données statistiques d’éducation, d’emploi ou de santé. Au travail, les tensions raciales sont de plus en plus difficiles à désamorcer. Le président ultra blanc depuis 2016 n’as pas coupé ni fait sécher le bois mais il a certainement versé beaucoup d’huile et frotté les allumettes. Alors le blanc est encore plus blanc et le noir encore plus noir.

Les républicains sont rouge et les démocrates sont bleu. Ce qui était le symbole d’un parti est devenu un symbole d’opposition féroce. Déjà sous le président Obama la collaboration avait disparue; elle n’est plus aujourd’hui qu’une opposition aveugle et systématique. Le président ultra rouge fustige les démocrates bleus en les traitant “d’ennemis de l’Amérique”. Il n’y a pas si longtemps il était si facile de parler avec des américains de rencontre, on se renifle maintenant avec prudence en évitant de montrer sa couleur. Voici donc le rouge et le bleu radicalisés.

Depuis internet, les jeunes, les verts, ont moins de raison de respecter les vieux violets. Ils n’ont plus rien à apprendre de leur expérience puisqu’il suffit de demander à Google. Ce sont donc les jeunes pousses vertes qui se détachent de la vieillesse violette. Car même si toutes les générations ont eu des différents, les verts de 2020 éprouvent en plus du ressentiment à l’égard des violets qui leur laissent une planète dans un piteux état, après avoir eu la vie facile, sans guerre et sans chômage et qui profitent d’une retraite confortable alors qu’eux, les verts, “rament un max”. Un jeune américain interviewe dans la rue s’est réjouit de la fragilité des personnes âgées face au Covid19. Verts et Violets un vrai choc.

L’or et le gris. Le succès mesuré par la richesse a longtemps été valorisé dans la culture américaine. Max Weber dans Le protestantisme essence du capitalisme démontre que gagner de l’argent c’est être un bon chrétien. Et maintenant voici une nouvelle tension qui apparaît. Il n’y a pas si longtemps les pauvres américains regardaient les riches comme une preuve que tout est possible “In America”. Il y avait de la considération pour le riche. Et si on ne le devenait pas, on croyait à la théorie du dégoulinement, un riche nourri 100 pauvres. Aujourd’hui le rêve est plus difficile à atteindre. Il faut une clef pour accéder aux étages supérieurs de l’ascenseur social du gratte ciel. Un grand nombre des métiers de la middle class ont été exportés en asie; Les nouveaux métiers requièrent des compétences que les high school ne fournissent pas; Les métiers qui n’en requièrent pas sont pris par les mexicains qui le font très bien. Restent les sans éducations qui ne veulent pas de ces métiers qu’ils jugent en dessous de leur condition et ne peuvent pas faire ceux qui requièrent une formation. Alors ils s’abonnent au food stamp. 40 millions d’Américains reçoivent cette assistance de 60 milliards de dollars. Le gris ne croit plus à l’or. Seuls les mexicains y croient encore.

Les hommes bleu pâles et les femmes rose fuchsia. L’opposition homme femme est une caractéristique américaine. Ces contraires ne peuvent pas se séparer mais ne se marient pas de la même façon qu’en Europe. Le statut de femme a été conquis avec violence et récemment. Le mouvement des suffragette date seulement du début du XX siècle et la relation homme femme n’est pas tout à fait apaisée. Une femme née en 1960 ne pouvait espérer plus que de devenir secrétaire ou mère au foyer. Aujourd’hui encore dans les entreprises des états du sud et du centre qui sont le terrain de jeu des “good old boys” la place de la femme dans l’entreprise n’est pas du tout la même qu’en france. Encore deux couleurs qui se marient comme l’huile et l’eau. Et puis les couleurs se mélangent sur la palette… Carol

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About DonCarol

Mentor and coach to managers and entrepreneurs. Author of an essay on cultural differences in work and daily life between France and America. Carries more than 20 years of experience in international fortune 500 corporations before to start his own company.
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1 Response to Le contraste des couleurs dans l’Amérique de 2020.

  1. Patrice Capitant's avatar Patrice Capitant says:

    J’aime bien!

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