
Reconnaissez-le, parents et grands parents, vous avez une préférence parmi vos enfants et petits enfants. “Absolument pas!” me répondrez vous avec véhémence, “je les aime tous autant”.
Pourtant quoi de plus naturel que d’avoir des préférences? Sans elles, comment ferions-nous pour prendre la moindre décision? Nous serions bloqués par une égale préférence sans pouvoir verser d’un côté ou de l’autre. Dans la vie quotidienne mille fois par jour nous utilisons notre “préférence-mètre” pour agir. Quel vêtement porter, quelle nourriture prendre, quel chemin emprunter, etc. Mais surtout, quelle personne deviendra notre ami, notre partenaire, notre collaborateur. Il est admis de préférer n’est-ce pas? … sauf pour les enfants…
Évidemment une préférence entre ses enfants est inavouable. Ni aux autres ni à soi-même. Nous sommes censés aimer également nos enfants et la préférence est interdite. Au nom de l’égalité (Liberté, Fraternité) nous nous interdisons toute distinction, on subit son diktat dans tout et partout.
Et pourtant, malgré tout ça au fond de soi, très au fond pour certains, on préfère celui avec qui l’on a plus d’affinités. Et c’est cela la distinction: on peut aimer autant mais avoir des préférences. L’amour est distinct de la préférence. Égalité dans l’amour, différence dans les affinités. On aime tous ses enfants mais on peut en préférer un plutôt qu’un autre. Voilà qui est vrai et acceptable du point de vue de l’absurde passion de l’égalité.
Ouf je me sens mieux maintenant que je peux avouer que j’ai plus d’affinités avec celui-ci plutôt qu’avec celui-là mais que je les aime tous également.
- Don Carol..