
Mon seul dieu est le Soleil. Sans lui, rien n’existerait. Ni les forêts luxuriantes, ni les océans scintillants, ni les vendanges tardives qui donnent au Cabernet Sauvignon sa robe pourpre et ses arômes profonds. C’est lui qui caresse la vigne, gonfle les baies de sucre et leur offre cette chaleur nécessaire à la lente alchimie du vin.
Mais imaginons un instant qu’il s’éteigne, qu’il disparaisse soudainement du ciel comme la flamme d’une bougie soufflée par un vent cosmique.
D’abord, la nuit tomberait brutalement. En quelques minutes, la Terre serait plongée dans une obscurité abyssale. Le ciel, privé de son astre maître, deviendrait un miroir noir où seules les étoiles lointaines jetteraient encore quelques lueurs froides.
Puis viendrait le froid. Un froid insidieux, rampant, qui s’infiltrerait partout. Les températures chuteraient inexorablement, d’abord comme un hiver précoce, puis comme une ère glaciaire instantanée. En quelques jours, les rivières se figeraient en sculptures de cristal, et en un an, la surface des océans se transformerait en banquise éternelle. Sous cette carapace de glace, peut-être qu’un peu de vie subsisterait, à l’abri des profondeurs, comme un dernier murmure du passé.
Sans lumière, les arbres se figeraient dans une agonie silencieuse, les prairies deviendraient des déserts figés. Plus de fleurs, plus de fruits, plus de vin. Les vignes s’effondreraient, privées de leur dieu solaire.
Alors, si le Soleil est le seul vrai dieu, ma seule religion est d’honorer chaque jour sa lumière tant qu’elle brille. Mon rituel est simple : un verre de Cabernet Sauvignon à la main, je regarde l’astre rougeoyant plonger derrière l’horizon, peignant le ciel de pourpre et d’or. Puis, quand l’ombre s’étire et que la nuit reprend ses droits, je me tourne vers les braises dans la cheminée. Derniers fragments de Soleil sur Terre, elles crépitent doucement, rappelant que tant qu’il y a du feu, il y an encore un peu de lumière.
Don Carol avec l’aide de son Chat