Le contraste des couleurs dans l’Amérique de 2020.

Depuis deux ou trois décennies la palette des couleurs en Amérique subit une accentuation des pigments. C’est particulièrement le cas pour le blanc et le noir, le rouge et le bleu, le vert et le violet, le rose et le bleu pâle. Je veux parler du racisme blanc/noir, de l’antagonisme bleu/démocrates et rouge/républicains, de l’opposition vert/jeunes et violet/vieux et de la distinction bleu pâle/hommes et rose/femmes. On pourrait ajouter l’or et le gris pour parler du désamour riche pauvre.

Le racisme blanc noir n’est pas nouveau mais il n’a jamais été aussi perceptible. Il envahit les news que ce soit dans des faits divers tragiques et révoltants, dans les stratégies politiques différenciées par races ou dans les tristes données statistiques d’éducation, d’emploi ou de santé. Au travail, les tensions raciales sont de plus en plus difficiles à désamorcer. Le président ultra blanc depuis 2016 n’as pas coupé ni fait sécher le bois mais il a certainement versé beaucoup d’huile et frotté les allumettes. Alors le blanc est encore plus blanc et le noir encore plus noir.

Les républicains sont rouge et les démocrates sont bleu. Ce qui était le symbole d’un parti est devenu un symbole d’opposition féroce. Déjà sous le président Obama la collaboration avait disparue; elle n’est plus aujourd’hui qu’une opposition aveugle et systématique. Le président ultra rouge fustige les démocrates bleus en les traitant “d’ennemis de l’Amérique”. Il n’y a pas si longtemps il était si facile de parler avec des américains de rencontre, on se renifle maintenant avec prudence en évitant de montrer sa couleur. Voici donc le rouge et le bleu radicalisés.

Depuis internet, les jeunes, les verts, ont moins de raison de respecter les vieux violets. Ils n’ont plus rien à apprendre de leur expérience puisqu’il suffit de demander à Google. Ce sont donc les jeunes pousses vertes qui se détachent de la vieillesse violette. Car même si toutes les générations ont eu des différents, les verts de 2020 éprouvent en plus du ressentiment à l’égard des violets qui leur laissent une planète dans un piteux état, après avoir eu la vie facile, sans guerre et sans chômage et qui profitent d’une retraite confortable alors qu’eux, les verts, “rament un max”. Un jeune américain interviewe dans la rue s’est réjouit de la fragilité des personnes âgées face au Covid19. Verts et Violets un vrai choc.

L’or et le gris. Le succès mesuré par la richesse a longtemps été valorisé dans la culture américaine. Max Weber dans Le protestantisme essence du capitalisme démontre que gagner de l’argent c’est être un bon chrétien. Et maintenant voici une nouvelle tension qui apparaît. Il n’y a pas si longtemps les pauvres américains regardaient les riches comme une preuve que tout est possible “In America”. Il y avait de la considération pour le riche. Et si on ne le devenait pas, on croyait à la théorie du dégoulinement, un riche nourri 100 pauvres. Aujourd’hui le rêve est plus difficile à atteindre. Il faut une clef pour accéder aux étages supérieurs de l’ascenseur social du gratte ciel. Un grand nombre des métiers de la middle class ont été exportés en asie; Les nouveaux métiers requièrent des compétences que les high school ne fournissent pas; Les métiers qui n’en requièrent pas sont pris par les mexicains qui le font très bien. Restent les sans éducations qui ne veulent pas de ces métiers qu’ils jugent en dessous de leur condition et ne peuvent pas faire ceux qui requièrent une formation. Alors ils s’abonnent au food stamp. 40 millions d’Américains reçoivent cette assistance de 60 milliards de dollars. Le gris ne croit plus à l’or. Seuls les mexicains y croient encore.

Les hommes bleu pâles et les femmes rose fuchsia. L’opposition homme femme est une caractéristique américaine. Ces contraires ne peuvent pas se séparer mais ne se marient pas de la même façon qu’en Europe. Le statut de femme a été conquis avec violence et récemment. Le mouvement des suffragette date seulement du début du XX siècle et la relation homme femme n’est pas tout à fait apaisée. Une femme née en 1960 ne pouvait espérer plus que de devenir secrétaire ou mère au foyer. Aujourd’hui encore dans les entreprises des états du sud et du centre qui sont le terrain de jeu des “good old boys” la place de la femme dans l’entreprise n’est pas du tout la même qu’en france. Encore deux couleurs qui se marient comme l’huile et l’eau. Et puis les couleurs se mélangent sur la palette… Carol

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Auto Défense

Au début ils ne me dérangeaient pas. Ils n’étaient pas très nombreux et ne faisaient pas trop de bruit. Ils prenaient juste ce qu’il leur fallait et se promenaient gaiement. Ils ne faisaient pas beaucoup de fumée et presqu’aucune ordures. Je les ai beaucoup aidé. Je me suis arrangé pour qu’ils ne manquent de rien, eau, nourriture, fruits et légumes, viande et herbes. Je leur ai fait un vrai paradis. 

Et puis ils ont changé. Peu à peu leur caractère est devenu agressif et ils se sont mis a se disputer fréquemment. J’ai remarqué qu’ils ne chantaient plus. Ils restaient au même endroit. Je ne sais pas si c’est pour gagner leurs disputes qu’ils se sont mis à se multiplier comme des lapins mais c’est là que tout a commencé  à mal tourner. 

Et maintenant plus personne ne reste tranquille. Ils bougent de façon frénétique. Ils passent leur temps à voyager d’un bout à l’autre du monde. Ils transportent tout ce qui est d’un côté pour le déposer de l’autre. Et inversement. Ils sont devenus sales. Leur déchets va bientôt les étouffer et déjà ils les rendent malade. Ils tapissent les sols comme une tache qui s’étend au fur et à mesure que leur nombre augmente. Ils ont repoussé le vert à la limite sans se rendre compte qu’ils en ont besoin. Il ne veulent qu’eux ici alors ils tuent tout. 

 Il va bien falloir les arrêter tout de même ! Je n’en peux plus. Si je les laisse faire encore plus longtemps on va tous y passer. J’étouffe je ne peux presque plus respirer. Il va falloir être malin. Se faire tout petit et entrer discrètement. Les détraquer de l’intérieur. Leur faire pareil, les étouffer eux aussi. Peut-être qu’il comprendront. 

Quel dommage. C’est quand même moi qui leur ai tout donné et ils m’ont tellement abusée que je suis obligée de me défendre. J’ai rien dit quand ils ont épuisé la forêt, supprimé jour après jour toutes les belles espèces qui les entouraient, obscurci le ciel de poussière, bétonné ma peau. Mais là c’est eux ou moi alors je dois les arrêter. 

La nature. 

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Si votre job ne vous satisfait plus, faites le savoir et n’attendez pas.

Vous occupez une position depuis un certain temps et vous en avez fait le tour. Vous voyez les choses changer dans l’organisation et il y a des positions qui vous tentent. De son côté la direction de votre entreprise se réorganise souvent pour faire face aux nombreux changements que le marché lui impose pour survivre et se développer.

Chaque changement fait l’objet de nombreuses réunions à la direction où sont évoquées différentes restructurations, les hypothèses de remaniements de postes sont évoquées, on discute des uns et des autres pour décider qui les occupera au mieux. On hésite, on balance, on ne veut pas se tromper, chacun donne son avis. On demande à votre supérieur hiérarchique si vous accepteriez telle ou telle position. Et c’est là que le malheur peut arriver: sans vous consulter il affirme que vous serez très content avec tel travail et telle rémunération. On lui redemande s’il est bien certain que vous accepterez et il s’engage. Les discussion continuent et la nouvelle organisation se construit.

Quelque temps plus tard on vous présente le nouveau schéma et la petite case que vous allez occuper. Déception! Ce n’est pas du tout ce que vous attendiez.

Vous vous précipitez dans le bureau de votre supérieur et vous vous entendez exprimer vehementement votre désaccord, vous êtes dégoûté, demotivé bref au bord de la démission, prêt à répondre à toute sollicitation de bureau de recrutement.

De son côté votre patron est coincé. Il a affirmé bien connaître son équipe et s’est porté garant de votre acceptation du poste proposé. Il va vite choisir entre sa hiérarchie et vous. Le fait est qu’il est maintenant en face d’un collaborateur demotivé et qu’il est trop tard pour revenir en arrière sans lui faire perdre la face et remettre en question son aptitude à manager son équipe.

Et bien l’erreur est vôtre! Si vous aviez exprimé vos souhaits, votre patron ne se serait jamais engagé à vous convaincre. Et ce que vous ne savez peut être pas c’est que justement la direction cherchait qui pourrait occuper les fonctions de vos rêves.

Le rendez vous est raté, mais la leçon est simple: ne jamais hésiter à faire connaitre vos aspirations car de son coté la direction de l’entreprise cherche toujours à avoir un collaborateur motivé. De plus on sait parfaitement que la rétention d’un bon élément est vitale car son départ représente un coût important de recrutement, de formation, d’expérience acquise, de réputation, et le risque que toutes cette compétence se retrouve chez un concurrent.

Alors sachez que vous êtes plus important que vous le pensez, votre valeur professionnelle et financière doivent vous faire réaliser que vos aspirations seront prise en compte bien davantage que votre silence.

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Pourquoi votre patron est il votre patron?

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Vous avez des difficultés avec votre patron, appelons le Fred, vous pensez qu’il n’est pas à sa place dans l’organisation (en vous demandant même comment il est arrivé là) il est notoirement incompétent d’après ce que pense équipe, et le management vient de le promouvoir encore. Sont ils aveugles à la direction générale?

Jouons un peu avec les différentes perspectives de ce sujet.

1/ D’abord votre perspective: Fred est votre patron.

Fred est votre patron et vous le connaissez bien. Vous savez qu’il est entièrement tourné vers la hiérarchie c’est pourquoi vous vous sentez utilisé ou ignoré. Il n’est préoccupé que de sa carrière. Vous êtes un outil pour lui. Fred aime vous prendre vos idées et se les approprier; il aime reformuler votre travail et le signer; dans les réunions où vous avez une chance de briller, il déflore votre sujet en le présentant avant la réunion et réduit vos effets à néant. Frustrant!

Maintenant regardons un autre point de vue.

2/ La perspective du patron de Fred.

Le patron de Fred ne connaît que sa bonne tête souriante. Son bon coté. Il aime que Fred vienne à son bureau car il apporte souvent de bonnes idées. Il lui semble que Fred obtienne beaucoup de son équipe. De plus c’est un des rares qui ne lui apporte pas de problèmes à résoudre mais qui vient avec des solutions à approuver. Fred est indispensable, vraiment, pense t-il, Fred mérite une promotion.

Alors, la promotion de Fred est elle une erreur injuste ou une bonne décision de management?

En fait c’est une décision du management, prise avec les informations disponibles et Fred a beaucoup contribué à les fournir… et vous qu’avez vous fait?
La vraie question c’est Vous. Comment éviter toute cette frustration? que voulez vous vraiment faire dans une situation comme celle ci? et qu’est  ce qui va vous rendre satisfait pendant ces heures passées à votre travail?

Vous en êtes arrivé à penser qu’une entreprise est comme un aquarium: il n’y a que les bulles qui montent, et Fred qui pour vous est creux, grimpe. Peut être, mais les poissons dans l’aquarium comme dans l’entreprise se comportent différemment: certains travaillent et d’autre parlent.
Votre frustration vient de ce que vous travaillez 100% de votre temps sans lever le nez, et vous pensez que la reconnaissance viendra naturellement. Vous pensez que la direction est censée savoir… Alors que d’autres travaillent un petit 50% et passent le reste du temps à raconter au monde entier toutes  les magnifiques tâches qu’ils ont accompli.
Il y a pire. La hiérarchie au dessus de Fred ne voit pas ce que vous faites et donc pense que vous ne faites rien. Alors par l’intermédiaire de Fred elle vous met “la pression”.  Et vous, vous travaillez encore plus espérant qu’enfin votre travail sera vu et vos mérites récompensés.

Il y a une solution à ce genre de situation. En tant que poisson travailleur dans l’aquarium vous avez un avantage sur le poisson prédateur: Vous avez le savoir, lui n’a que le verbe. Alors pourquoi ne pas consacrer une part de votre temps à communiquer? Et si vous n’êtes pas un expert en communication sur vous même, prenez un consultant qui vous coachera et vous aussi vous vous gonflerez d’un peu d’air pour monter. Vous y gagnerez de la reconnaissance, la pression mise sur vous disparaîtra et qui sait vous aurez vous aussi une promotion.

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Il est capital de commettre certains péchés capitaux. Commençons par l’orgueil.

orgueilLa culture d’héritage catholique a le défaut de placer certains comportements à l’extrémité négative d’un axe. Or un concept se définit par un curseur entre deux pôles. Par exemple la gentillesse d’une personne se situe entre la méchanceté et la bonne poire. On n’est ni gentil ni méchant, on est là où se trouve le curseur, quelque part entre les deux pôles et l’on s’y déplace même selon les circonstances.
Certains péchés dits capitaux sont polarisés à l’extrême et ne permettent pas de penser que, à petites doses, ils sont excellents. Certaines plantes médicinales sont mortelles mais en petite quantité elle sont curatives, voir vitales.

L’orgueil.

L’opposé de l’orgueil est l’humilité, la modestie. Être très humble est il meilleur que se croire un phénix? Évidemment non, c’est une question de dosage. Le curseur devrait se positionner vers le centre de l’axe humilité/orgueil.
Mais c’est toujours la même chose, si des principes ou des règles sont inapplicables, car trop strictes, ils engendrent des comportements déviants. C’est pourquoi inscrire l’orgueil au tableau des péchés capitaux amène à se montrer humble en apparence mais à refouler son orgueil à l’intérieur, Donc à faire profil bas, auto dénigrement, frigidité aux compliments mais intérieurement, à voix basse (ou plutôt à pensée basse), on ne se trouve pas mal du tout.
Et heureusement! Sinon à force de se confondre dans le décor pour ne surtout pas se mettre en avant, on en viendrait à n’avoir plus aucune colonne vertébral et à s’aplatir devant n’importe quel fanfaron vaniteux à qui on aura laissé le champs libre.
À la longue les dégâts seront importants car à force de laisser sa place dans la queue du cinéma de l’existence on finit par reculer et on ne pourra même plus entrer dans la salle.

Pensez-y, vous les humbles et les modestes, combien de fois avez vous laissé les autres parler à votre place, dire leurs bêtises alors que vous aviez la bonne idée bien avant eux. Ce n’est qu’après des palabres laborieuses qu’ils en viennent enfin à ce à quoi vous pensiez vous, dès le début. Il est alors trop tard pour dire que c’est votre idée… frustration…

L’orgueil est peut être un péché mais c’est le calcium de la colonne vertébral. C’est ce qui nous fait tenir debout. Ce qui nous donne de la confiance en soi pour défendre nos positions. Alors mettez le curseur au milieu!

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Les Transitions Douloureuses.

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François Julien explique, dans son magnifique livre “Les transformations silencieuses”, les différences fondamentales entre la conception du temps occidentale qui nous vient des grecs et la conception chinoise.

En occident nous percevons le temps comme des états définis et successifs. Par exemple le printemps, l’été, l’automne et l’hiver adviennent à des dates précises. Au lieu de quoi les chinois ne voient que des évolutions permanentes où chaque jour apporte un peu plus de chaleur ou un peu plus de fraîcheur, jusqu’à dessiner la sinusoïde des saisons.

Notre pensée occidentale voit des photos, celle des chinois voit un film au ralenti. En regardant des photos nous sommes surpris de constater le développement d’un arbre du jardin entre deux moments. Le chinois ne sera pas surpris car, comme dit joliment François Julien, ils ont développés des “outils de pensée” qui leur permettent d’observer les transformations silencieuses. Ils voient pousser la plante et savent déjà quel arbre elle deviendra.

Là où nous voyons un état fixe, les chinois voient déjà le lendemain. Et plutôt que d’être surpris, ils accompagnent et avancent avec le temps.

On voit bien l’avantage des observateurs qui peuvent détecter les changements à leurs débuts: Pas de surprise et une action tranquille bien meilleure qu’une réaction tardive. La dépense d’énergie est moindre pour couper une jeune pousse que l’arbre plus tard. Et plutôt que de “s’abaisser à agir”, les chinois préfèrent l’influence. Utiliser les forces qui se déroulent plutôt que de forcer les événements.

Nous autres, occidentaux, nous constatons une situation, nous l’analysons et nous dessinons un plan. Après cela nous passons à l’action et nous nous reposons lorsque l’objectif prévu est atteint. Il y a dans notre pensée alternance entre action et repos. Nous pratiquons plutôt la saccade, la révolution avec tous les traumatismes que cela entraîne.En 1789 c’était la noblesse qui tenait le couvercle social fermé sans voir la montée de la classe bourgeoise et brutalement ce fut la révolution ! La Chine communiste et affamée a fait une véritable révolution silencieuse que l’on a soudain réalisé “entre deux photos”. Cet empire communiste que nous continuions de croire communiste est devenu une économie capitaliste avec un gouvernement constitué de cadres du parti.

La France, avec l’aide des média, refuse de voir non seulement les transformations mondiales mais aussi locales.  Aucune raison donc de faire des changements. Au contraire, dans son refus d’adaptation, elle se drape dans son “exception française”. L’évolution n’est pas dans le dictionnaire de la langue française, on y trouve plutôt le mot révolution quand la situation devient intenable.

Alors si la France ne peut engager de transformation silencieuse, elle se condamne à vivre des transitions douloureuses.

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Le musée des bonnes manières


imagesLors de mon dernier passage à Paris j’ai vu que la RATP avait entrepris de se substituer aux parents et d’éduquer ses passagers en affichant des rudiments de politesse dans les autobus : “Laissez la place du coeur aux femmes enceintes”, “offrez votre siège aux personnes âgées”.

Cela m’a donne l’idée de créer un Musée-Ecole des Bonnes Manières.

On pourrait commencer par une salle avec des automates habillés en rappeurs qui se lèveraient de leur siège à chaque passage de visiteure en disant “Je vous en prie Madame asseyez vous”.

Pour passer dans la salle suivante, la porte ne s’ouvrirait qu’à condition d’avoir répété quelque phrases de politesse affichées sur un écran.

Ensuite il y aurait des robots à qui on pourrait serrer la mains et la pression exercée s’afficherait sur un écran pour indiquer le niveau de mollesse ou de fermeté de la poignée de mains ainsi que sa moiteur. Bien entendu le robot garderait votre mains prisonnière dans la sienne aussi longtemps que vous ne l’aurez pas regardé dans les yeux avec un sourire.

Sur des tablettes tactiles mises à la disposition du public, il y aurait des Quiz avec la bonne réponse à cocher, par exemple: “Vous êtes un homme qui se présente en même temps qu’une femme devant une porte fermée, que faites vous ? A) Vous vous précipitez pour passer en premier. B) vous laissez la femme ouvrir et vous vous glissez vite pour ne pas qu’elle se fatigue trop longtemps à tenir la porte, ou C) vous lui ouvrez largement afin qu’elle passe en premier”. Le gagnant recevrait le guide du savoir vivre de George Washington lequel d’ailleurs est un recueil des notes de cours d’un professeur venu d’Angleterre qui enseignait d’après l’écrit d’un français qui s’était lui même inspiré d’un document italien écrit à  Florence sous la renaissance. Beau cadeau!

Des épreuves d’entraînement permettraient de se familiariser au maniement des chaises à roulettes afin d’aider les handicapés aux passages difficiles.

On montrerait avec un film comment se transmettaient toutes ces règles de savoir vivre à travers les âges, sans censurer les temps où les parents étaient des barbares et donnaient des coups de fouets aux enfants désobéissants. Bien sur il faudrait prévenir les âmes sensibles car ces images pourraient être choquantes pour certains enfants jusqu’à 18 ans.

Il y aurait une salle avec des petites voitures et un parcours pour s’entraîner à  laisser passer celui qui par mégarde se trouverait sur la mauvaise file. Un coup de klaxon impatient au feu rouge serait sanctionnée par une petite décharge électrique proportionnelle au coup d’avertisseur donné.

Une salle entière serait réservée aux parents pour leur apprendre à apprendre la politesse à leurs enfants. On leur mettrait des casques sono sur les oreilles dans lesquels on passerait, à plein volume, des cris “d’enfants des autres” pour qu’ils comprennent que ce n’est pas de la musique.

Bien sur à la fin on devrait passer par la boutique pour acheter des CD dans toutes les langues pour écouter dans sa voiture et répéter des mots comme “S’il vous plaît”,  “Merci”, avec des descriptions de situations où les utiliser. De petits livres de conseils apprendraient à faire une lettre de remerciement après un entretien d’embauche ou un séjour passé chez des amis.

Quand ce musée ouvrira j’irai moi même m’y améliorer car l’autre jour j’ai oublié de dire bonjour en approchant la caissière du supermarché et elle m’a dit avec un air pincé
– BonJOUR Monsieur! En appuyant fortement l’accent tonique sur JOUR afin de s’assurer qu’elle ne me donnait pas une leçon en vain. Je me suis tout de suite exécuté avec confusion. Mais elle a envoyé les achats du suivant sur les miens avant que je puisse tout mettre dans mon sac.
Ah! La politesse française!

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Voeux de nouvel an avec l’aide de Nietzsche.

quoteL’année dernière je vous adressais mes voeux avec l’aide de Sénèque, cette fois ci ce sera avec l’aide de Nietzsche.
A deux mille ans d’intervalle, ces deux philosophes disent à peu près la même chose: “Hier” c’est de l’histoire ancienne; “Demain”, c’est de la science fiction; Seul “Aujourd’hui” compte.

Seulement Nietzsche a une façon très intéressante de le dire car elle vous secoue un peu plus.

Imaginez, nous dit il, que la vie que vous menez aujourd’hui, et que vous pouvez diriger par vos choix, recommence à l’identique, éternellement après votre mort.

Imaginez donc que vous soyez condamné à revivre la même vie exactement mais cette fois sans que vous puissiez la modifier en quoi que ce soit.

Alors? Êtes vous bien certain de vouloir revivre ces mauvais moment que vous pourriez peut être éviter ? Est ce vraiment ce que vous voulez? Ne rien changer à ce qui vous gêne aujourd’hui et le revivre toujours?

Je suis sur que non.

Alors je souhaite pour cette nouvelle année que chacun de vos choix et chacune de vos décision vous apporte une forme de satisfaction que vous rêveriez de revivre encore, encore et encore.

Carol.

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Parallèle entre les stratégies de survie dans le monde animal et le monde des entreprises. (4)

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Quatrième et dernière partie.

(Rappel) Il peut être utile pour l’entreprise de s’inspirer du monde animal et parfois de le mimer car il a démontré une immense faculté d’adaptation au cours des millénaires. Le temps “concentré” des entreprises aujourd’hui change si rapidement qu’il impose de brutales révisions stratégiques et même de business modèle.
Dans le monde animal, tout se fait par des stratégies qui intègrent à la fois capacités propres, environnement et technicités pour servir l’unique objectif de survie de l’espèce.
Dans le monde de l’entreprise il en va de même: On pratique un métier, on surveille son environnement et on s’y adapte pour assurer sa pérennité.

Cette quatrième et dernière partie examine les autres fonctions vitales du monde animal (1/ Manger, traité précédemment) 2/ Ne pas être mangé et 3/ s’adapter aux conditions pour 4/ se reproduire et perpétuer l’espèce.

2/ Ne pas être mangé.
Les stratégies de survie ont pour but d’échapper à son prédateur alors même que l’on est en chasse de son propre repas.

Le camouflage.
Tous les animaux qui ont la capacité de changer leur apparence utilisent cette technique. Les phasmes se sont adaptés de façon permanente et ressemblent à des morceaux de bois. Les pieuvres changent de couleur instantanément pour reproduire les couleurs des surfaces sur lesquelles elle avancent, quelques papillons prennent la couleur de l’écorce sur laquelle ils sont posés etc.
L’objectif est ici de faire son bonhomme de chemin sans attirer l’attention. L’entreprise Mars est un bon exemple: C’est l’un des premiers groupe privé mondial, implanté dans plus de 60 pays, l’entreprise vit en dessous du champs des radars, sans jamais communiquer avec la presse, avec presque tous ses sièges sociaux situés dans des villes mineures, fondus dans le paysage.

La dissuasion.
Quand on n’est pas un animal dangereux ou effrayant il est utile de le paraître.
Le poisson pierre se fait énorme pour inquiéter son adversaire.
L’orang-outan fait du bruit, se tape sur la poitrine et joue toute une mimique d’attaque pour inquiéter son adversaire.
Certaines mouches prennent les couleurs des guêpes alors qu’elle n’ont pas de dard. Elles dissuadent donc leur prédateur de les attaquer car elle prétendent avoir de la défense.
Stratégie presque à l’opposé de la précédente; Certaines entreprises veulent faire penser qu’elles sont importantes mais curieusement c’est presque plus souvent pour se faire manger qu’elles se gonflent.

La fuite.
Courir, nager ou voler pour fuir. La fuite met en oeuvre deux éléments essentiels dans les stratégies de survie: La détection et la vitesse. De l’avance en détection dépendra la réussite de la fuite. Plus on est lent plus tot il faudra detecter le danger. Les biches sont à l’écoute en orientant leurs oreilles simultanément dans des directions différentes. Sentir, entendre, analyser les bruits des autres animaux qui peuvent donner l’alarme ont leur correspondances dans la vie des entreprises. Cela s’appelle lire la presse, correspondre avec les acteurs indirects de son marché, sonder et étudier le net. En un mot être parfaitement au fait de son environnement afin de pouvoir déclencher la réaction, quel qu’elle soit, avant qu’il ne soit trop tard.

La désinformation.
La désinformation est une sorte de dissuasion mais elle prend des formes plus élaborées car elle consiste à donner une information fausse pour tromper le prédateur. C’est le cas de  l’opossum qui fait semblant d’être mort sachant que son prédateur ne veut pas se nourrir de viande avariée. La pieuvre crache un nuage d’encre pour se cacher. Certains poissons plats se déplacent en faisant un gros nuage de sable et reviennent exactement là où  ils se trouvaient, pensant que le prédateur cherchera dans le nuage c’est à dire ailleurs qu’au point de départ.
La désinformation est fort utile aux entreprises quand il s’agit de distraire l’attention d’un concurrent pour se ménager l’effet de surprise.

3/ L’adaptation aux conditions.

Quand les changements climatiques raréfient ou suppriment la disponibilité de la nourriture, les animaux utilisent plusieurs stratégies:
La migration, exemple de la cigogne qui mesure la longueur des jours avec sa glande pinéale ce qui déclenche le signal de la migration. Moins de soleil, égale moins de nourriture, égale faim, égale partir avant que le gel ne rende toute alimentation impossible et donc prendre ses quartiers d’hiver à 6000 kilomètres de sa station estivale.
Le changement d’alimentation comme les singes qui selon les saisons cueillent autre chose ou même deviennent carnivores voir anthropophages.
La consommation des réserves intérieures comme l’ours et la marmotte ou des réserves extérieures comme l’écureuil.
La cryopreservation de la grenouille ou la salamandre consiste à secréter des protéines antigel, hiberner sous terre et donc ne plus manger du tout en attendant le printemps.

L’adaptation aux conditions met au premier plan la surveillance des environnements et la détection des changements. Les entreprises qui survivent prennent la mesure de leur marché en récession au bon moment et survivent en migrant comme les cigogne, en changeant de métier parfois, ou en se mettant en veille pour repartir aux jours meilleurs.

4/ La reproduction pour la survie de l’espèce animale correspond aux adaptations pour la pérennité des entreprises.

La théorie évolutionniste fait observer qu’au fil des reproductions de la sélection naturelle ce sont les caractéristiques les plus adaptées au milieu qui passent dans les gènes. Ainsi l’espèce évolue de façon à être toujours en phase avec son milieu.

Ce qui se passe au fil des générations dans la nature se passe de même au fil des transformations opérées par une entreprises pour s’adapter aux conditions évolutives de son marché, de ses concurrents, des changements technologiques et des comportements de clients.

La théorie évolutionniste en économie fait état des innovations apportées dans chaque transformation des entreprises comme clef de leur survivance. Les uns, animaux, comme les autres, entreprises, agissent en répondant à des forces intérieures innées. Elles ont comme équivalent le savoir emmagasiné dans les forces vives de l’entreprise et les décisions anticipatrices de leur management. Ce qui détermine la pérennité,

Irrepressible instinct
L’instinct de reproduction répond à un impératif suprême.  Toutes les espèces vivantes travaillent à leur survie. Des signaux instinctifs déclenchent des mouvements de rassemblement sur les lieux de reproduction (comme les oiseaux, les grenouilles, les crabes etc), ou des transformations physiques pour parader et se présenter comme le meilleur étalon. Cet instinct est imprimé dans l’ADN. Il est incontournable même au prix de sa propre vie.
Certaines espèces savent même se rendre stérile afin de ne procréer qu’au moment opportun c’est à dire quand il y aura des conditions adéquates de température ou de nourriture. La chauve souris conserve le sperme du mâle dans un compartiment qu’elle garde étanche pour attendre le bon moment.

La pérennité de l’entreprise est également inscrite dans chaque décision et dans chaque collaborateur. Jour après jour, à tous les niveaux, ils entreprennent des transformations pour être plus efficace, plus rentable, plus adapté et plus adaptable ce qui assure la pérennité. La force de cet instinct tire toujours vers la survie. Et si les mouvements sont parfois retardés c’est pour se caler sur les saisonnalités ou le meilleur moment afin de se donner plus de chances de réussir.

Eliminer la concurrence
Une précaution bien habituelle chez les animaux qui se livrent des luttes à mort pour éliminer la concurrence d’un autre mâle afin que l’espèce bénéficie des gènes portés par le plus fort. Comme les lions, les cerfs, les oiseaux etc. Exemple extreme des libellules mâles qui retirent de la femelle le sperme de l’accouplement précédent par un autre mâle avant d’y placer le sien.
N’est ce pas la priorité de l’entreprise pour assurer sa pérennité sur son marché que d’éliminer ses concurrents? Ils représentent un danger pour la pérennité de l’entreprise et tout doit être entrepris pour que leur action soit rendue vaine (Libellule) ou tout simplement qu’ils disparaissent.
Chaque entreprise devrait avoir un CEC. Chief Executive Concurence. Son role serait de diriger toutes les actions d’intelligence, d’élaborer les stratégies compétitives et de mettre en oeuvre toutes les opérations tactiques de neutralisations des concurrents.

L’urgence
La survie et donc la reproduction est si essentielle qu’elle est parfois la seule activité dans la vie de certaines espèces qui ne vivent presque que le temps de se reproduire. C’est le cas de beaucoup d’insectes qui ne vivent que 30 minutes et doivent se dépêcher de trouver un partenaire.
Les décisions qui assurent la pérennité de l’entreprise sont soumises à la même urgence. On ne peut laisser passer l’opportunité d’une adaptation sans risquer la vie de l’entreprise. Trop tôt ça ne marche pas et trop tard c’est terminé.
Chaque entreprise devrait avoir un CET Chief Executive Timing. Son rôle serait d’assurer que les ressources et les actions de l’entreprise soient mises en oeuvre au bon moment. La vitesse d’exécution et le moment opportun sont des clefs de succès et sont presque plus importants que la qualité des produits et des services eux mêmes.

L’assurance statistique face à la mortalité infantile et la prédation.
Les Hippocampes, entre autres, libèrent dans leur milieu aquatique des milliers de bébés, comme les araignées, les oursins, les grenouilles etc. Cette précaution statistique est une assurance pour garantir qu’il restera une descendance après que la nature ou les prédateurs aient prélevés leur lot.
Les entreprises doivent rester créatives et innovantes pour continuer de mettre sur le marché les produits et les services qui lui assureront sa pérennité. Et elles aussi doivent étudier de multiples prototypes afin que soient lancés le nombre suffisant de nouveautés pour assurer la continuation.
Chaque entreprise devrait avoir un CEI. Chief Executive Innovation. Son rôle serait de faire connaître en interne toutes les innovations qui touchent de près ou de loin les technologies utilisées dans l’entreprise et de les utiliser pour assurer une production innovatrice abondante en s’inspirant de l’huître dont il faut rappeler que chacune libère entre 20 et 100 millions d’ovules et encore plus de spermatozoïdes!

Conclusion.

Selon sa situation stratégique, chaque entreprise devrait périodiquement examiner son marché, ses sources de croissance, ses mouvements adaptatifs de pérennité et ses concurrents en se référant aux multiples stratégies que la nature a mise au point pour que les espèces survivent dans les changement climatiques, les bouleversements de leur environnement, la disponibilité de leur nourriture et la férocité de leur prédateurs.

Ce rappel de la nature remettra parfois au centre des préoccupations stratégiques des entreprises:

  • l’impérieuse nécessité de se structurer afin d’être capable de s’adapter,
  • l’obligation vitale de mener constamment des actions de surveillance et d’alerte,
  • le développement d’une culture du bon moment et le sens de l’urgence dans l’étroitesse  temporelle des opportunités,
  • la tragique obligation de se couper un bras s’il vous retient dans une position mortelle,
  • la redéfinition de son métier et le perfectionnement de celui ci uniquement,
  • le changement de métier si les paramètre économiques poussent vers l’obsolescence,
  • la guerre concurrentielle croissante si le marché est en décroissance,
  • l’innovation permanente même et surtout si tout va bien car rien n’est permanent.


Je voudrais remercier ceux qui m’ont aidé à écrire ces quatre articles:
Le Papillon, l’abeille, l’araignée, la fourmi, le champignon, le puceron, la lionne, le tigre, le caméléon, la biche, le corail, tous les oiseaux, Schopenhauer (le philosophe bien sur), l’amibe de terre, le Jaguar, le chien, le saumon, l’écureuil, la couleuvre, le singe, le koala, la vache, le mouton, le ver de terre, le lézard, la pieuvre, le cerf, les calamars, l’huître, la baleine, le flamand, le loup, le chat, le lophiiiforme, la dionaea,  l’heliamphore, le poisson archers, la grenouille, le tic, le moustique, la crevette fouisseuse, le Gobi, l’anémone de mer, le poisson pilote, le scarabée, le vautour, le homard, la loutre de mer, la hyène, le phasme, la biche, le lapin, la cigale, l’écureuil, le singe, la marmotte, l’hippocampe, l’oursin, les oiseaux mouches, les bourdons et tous les autres qui comme eux nous ont créé un monde organisé comme modèle à suivre.

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“L’écho question”, notre sixième sens.

UnknownL’écho question, notre sixième sens.

Par Don Carol.

Les chauve souris émettent des petits cris et se situent en analysant l’écho qui revient. C’est “l’écho localisation”. Les humains aussi disposent d’un équivalent de ce radar: C’est leur faculté d’émettre des questions et d’analyser les réponses retournées. C’est un véritable sixième sens qui donne des informations que les 5 autres sens ne peuvent pas apporter. Appelons cela “l’écho question”.

On utilise peu l’écho question. On lui préfère l’intuition, ce diamant de l’intelligence à qui l’on craint de se fier, ou l’imagination qu’on laisse galoper allègrement.

Si l’on pose peu de questions, en revanche on s’en pose beaucoup.  “Je pense que mon conjoint pense ceci, je pense que mon patron pense cela… etc.” On tient pour vrai des faits imaginés qui ne sont pas prouvés du tout. On bâti des scénarios complètement faux dont on se persuade. On prend des décisions sur des “malentendus”, des “pas vu” et des “pas senti”.

Alors que si seulement on avait posé une “écho question”, on aurait évité ces heures d’auto questionnement improductifs, ces échafaudages d’hypothèses branlants, voir des nuits sans sommeil, des angoisses rongeuses, pour, bout du compte, s’apercevoir qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat ou une chauve souris!

Bien sûr il y a une peur de poser des questions. Peur de se voir refuser une réponse ou offrir un mensonge, peur de mettre l’autre mal à l’aise, peur de passer pour un ignorant car il est si noble de tout savoir ou peur des trois à la fois.

Pourtant la solution est simple:
Commencer par se demander si ce que l’on croit que l’Autre pense est prouvé. Et si ce n’est pas le cas alors il pratiquer l’écho question.
Et si l’on craint de questionner alors il suffit de se placer dans la peau de celui à qui est posée une question pour réaliser qu’il est difficile de se dérober. On vous pose une question, vous devez répondre. On peut esquiver ou faire une pirouette mais même l’esquive est une information. En tous les cas l’embarras est du coté de celui qui ne répond pas.
En puis dans 90% des cas il n’y a aucun risque à poser sa question et dissiper un doute.

Alors “posez” vos questions gentiment sur la table. Ce n’est pas une agression. On “pose” des questions, on ne “tire” pas des questions.
Retrouvons la chauve souris qui sommeille en nous et pratiquons l’écho question!
Et si le problème est un manque de curiosité alors je vous renvoie à l’éloge de la curiosité un peu plus tôt dans ce blog.

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Parallèle entre les Stratégies de Survie dans le monde animal et le monde des entreprises. (3)

Parallèle entre les Stratégies de Survie dans le monde animal et le monde des entreprises. (3) Troisième partie

Par Don Carol

 

Troisième partie : les différentes stratégies employées par les animaux pour manger, ne pas être mangé et s’adapter aux conditions afin de se reproduire.

Rappel : Il peut être utile pour l’entreprise de s’inspirer du monde animal et parfois de le mimer car il a démontré une immense faculté d’adaptation au cours des millénaires. Le temps “concentré” des entreprises aujourd’hui change si rapidement qu’il impose des révisions de stratégie. Une entreprise peut aussi être amenée à changer radicalement de business modèle ce qui pourrait équivaloir dans la nature à devenir lézard si l’on était poisson ou baleine si l’on était quadrupède etc.
Dans le monde animal, tout se fait par des stratégies qui intègrent à la fois capacités propres, environnement et technicités pour servir l’unique objectif de survie de l’espèce.
Dans le monde de l’entreprise il en va de même: On pratique un métier, on surveille son environnement et on s’y adapte en utilisant des nouvelles technologies pour assurer sa pérennité.

Cette troisième partie examine les stratégies de la nature qui permettent d’assurer la première des fonctions vitales : Manger.
La quatrième et dernière partie examinera les autres fonctions vitales : Ne pas être mangé et s’adapter aux conditions pour se reproduire et perpétuer l’espèce,

Manger.
Les stratégies nourricières sont variées. Sans doute pourra t-on retrouver dans ces exemples celles de sa propre entreprise.

Cueillir
Les animaux qui pratiquent la cueillette ne produisent rien mais profitent de ce que leur offre leur environnement. Les singes se déplacent d’arbre en arbre pour se nourrir de fruits ou de feuilles, comme la girafe, les biches et les koalas ou bien les oiseaux mouches, les bourdons ou les papillons volent de fleur en fleur etc.
Leur savoir faire consiste à connaître les lieux où la nature leur propose un aliment au gré des saisons en évitant surtout de rester trop longtemps sans récolte.

Produire
Les abeilles ne font pas que de butiner, elles produisent le miel dont elles se nourrissent pendant l’hiver, le pollen restant leur nourriture principale. Comme les fourmis qui cultivent des champignons, ce sont des industries de production très stakhanovistes avec coopération, partage du travail, spécialisation et job définitions rigoureuses; la reine pond, les ouvrières travaillent et les soldats défendent.
On trouve même des modèles de souplesse dont nos entreprises pourraient rêver : Dans une ruche il meure en moyenne un millier d’abeilles par jour. Leur évacuation nécessaire n’est pas dans la définition de job ni de la reine ni des ouvrières ni des soldats. Alors, sans syndicat ni ressources humaines, les abeilles les plus âgées se chargent de faire les fossoyeurs. Une sorte de préretraite spontanée sans état d’âme ni ego… cette méthode est celle de toutes les entreprises qui transforment des matières premières

Brouter
Tous les herbivores comme les cervidés, les bovins et ovins mais aussi les escargots ou les oies, les kangourous et enfin certains poissons, broutent.  L’herbe ayant un faible pouvoir calorique, ils doivent en ingérer de grandes quantités pour couvrir leurs besoins. C’est aussi pourquoi ils y passent le plus clair de leur temps.
Ce sont des machines qui moulinent à longueur de temps pour un faible rendement à l’unité. Une chaîne de production qui tourne en trois fois huit et qui débite des produits à faible valeur ajoutée.

Creuser
Certains animaux creusent pour se nourrir. C’est le cas des larves dans les feuilles, des termites dans le bois, des tarets dans les bois de pontons, les vers dans la terre etc. Ils avancent en mangeant leur route. Ils vivent dans leur nourriture.
Leur savoir faire est dans la recherche de filons et leur exploitation. Cela fait penser aux industries minières

Filtrer
Les calamars, les mollusques et les crustacés sont des filtres. Les baleines engouffrent des tonnes d’eau pour retenir le krill, les huîtres filtrent l’eau aussi longtemps que la marée les immerge, ou encore les flamands filtrent de grandes quantités d’eau et retiennent les particules dont ils se nourrissent. Un peu comme les animaux qui broutent, la filtration est un travail constant qui demande du temps car elle ne retient que très peu de ce qui est brassé.
Le savoir faire réside dans la technique de séparation du comestible de son support pour un petit prélèvement, constamment. Un pourcentage en quelque sorte. Je suis sûr que vous pensez à votre banque…

Chasser (Prédateurs)
Ce mode très répandu se pratique avec une grande variété de techniques.
L’attaque en équipe comme la pratiquent les lions ou les loups.
L’affût en solitaire comme les chats ou les tigres.
Le piège comme les araignées qui tendent une toile.
Le camouflage comme les caméléons ou de nombreux poissons qui se cachent dans le sable et surgissent en un éclair sur la proie imprudente,.
La ruse comme les poissons Lophiiformes qui agitent  au dessus de leur bouche leur première épine dorsale qui est prolongée d’une sorte de leurre avec lequel elles attirent leur proie avant de les happer.
La séduction comme les Dionaea qui se font belles et attirantes pour se refermer brutalement sur l’insecte imprudent, et la plante Heliamphore qui embaume par un nectar affolant dans lequel se noient les insectes.
L’hypnose
 comme le serpent et la grenouille qui finit par lui sauter dans la gueule.
L’habileté pour ces petits Toxotidae (littéralement des poissons archers) qui utilisent leur bouche comme pistolet à eau afin d’assommer un insecte qui peut se trouver à 150 centimètres.
La Patience des tiques qui peuvent attendre des semaines dans les arbres avant de se laisser tomber sur un animal qui passe en dessous.
Le poison des serpents, bien sûr, mais aussi des moustiques qui injectent un anesthésique avant d’aspirer le sang de leur proie.

Toujours la proie est observée, ses habitudes sont connues, ses trajets repérés, ses faiblesses et aussi ses forces estimées à leur juste niveau. Un plan est dessiné et l’action sera déclenchée le plus souvent par la proie elle même qui s’approche trop imprudemment.
Belles leçons d’intelligence économique, de planification, d’action et de timing.

Symbiotique
Il y a symbiose quand deux espèces s’entraident pour se nourrir sans se nuire. C’est le cas du  poisson gobie et de la crevette fouisseuse. Le gobie creuse un abri commun que la crevette entretient et cette dernière qui est aveugle creuse le sable en quête de nourriture qui profite aux deux. En cas de danger le poisson alerte la crevette. C’est du partenariat “Win/Win”.   La symbiose existe également entre le monde animal et le monde végétal comme la relation abeilles et fleurs. Il y a de multiples exemples dont le plus spectaculaire est celui du poisson clown qui vit sous la protection des anémones de mer très vénéneuses dont il est immunisé et qu’il nourrit de ses excréments.
Partenariats très complémentaires, intérêt réciproque, collaboration à vraie valeur ajoutée sont les modèles qu’offre la nature.

Parasitisme et parasitoidisme
Le parasite est une espèce qui vit au détriment d’une autre mais sans la tuer. Les tiques prélèvent leur nourriture en suçant le sang du chien de même que les puces ou les moustiques. Le poisson pilote est un parasite. Parfois le parasite peut aller jusqu’à tuer son hôte s’il est en surnombre ou si l’hôte est faible.
Le parasitoide en revanche tue son hôte en se développant. D’innombrables sortes de mouches pondent leurs oeufs dans le corps d’un autre animal. En se développant la larve dévore son hôte. On trouve aussi dans cette catégorie les virus et les vers.
Les parasites pratiquent une forme de collaboration à sens unique en s’implantant aux endroits choisis par d’autres et en bénéficiant soit directement de l’autre soit de ce que génère l’autre.

Nécrophagisme.
Les nécrophages nettoient la nature des cadavres. Ce sont de nombreux scarabées, des oiseaux ou des crustacés. Ils consomment une matière première dont les autres ne veulent pas. Leur savoir faire consiste à se trouver au bon endroit et au bon moment.
En principe les nécrophages ne tuent pas. Ils attendent comme les vautours que l’animal convoité meure de sa belle mort. En réalité certains nécrophages ou charognards donnent un « coup de mains » à leur proie pour mourir. Le talent ici consiste à surveiller le terrain, repérer les drames qui se jouent, et intervenir pour “nettoyer”.

Remarques sur les stratégies nourricières.

Outillage.
Chez les animaux il n’y a pas d’outils à de rares exceptions près. La loutre de mer utilise des pierres pour casser les coquillages; les araignées tissent une toile éphémère chaque soir pour attraper leurs proies. Il faut donc se remettre à l’ouvrage chaque jour. Le stockage est rare. La dépendance à l’environnement est extrême et permanente. La nature pourvoie presque toujours. Elle est ultra libérale et généreuse.

Collaborations et conflits
Les lions travaillent en équipes pour chasser. Les animaux qui pratiquent la coopération (comme aussi les loups ou bien les hyènes) le font davantage dans la chasse que dans le partage. C’est toujours le partage qui pose un problème dans les associations, c’est pourquoi il y a des contrats très stricts. Par exemple les lionnes chassent mais le lion mange en premier; ensuite c’est au tour des lionnes par ordre de rang et s’il ne reste rien pour les petits, alors ils meurent de faim. Ce n’est pas écrit en toutes lettres dans un contrat mais c’est une loi ancestrale. Pas d’outillage juridique mais une loi connue et appliquée.

Ce que nous rappellent les animaux qui ont chacun leur méthode ce sont des techniques variées auxquelles dont on peut s’inspirer car le propre de l’entreprise c’est de pouvoir utiliser toutes ces techniques

La quatrième et dernière partie examinera les autres fonctions vitales 2/ Ne pas être mangé et 3/ s’adapter aux conditions pour 4/ se reproduire et perpétuer l’espèce,

 

 

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Parallèle entre les Stratégies de Survie dans le monde animal et le monde des entreprises (Partie 2)

Parallèle entre les Stratégies de Survie dans le monde animal et le monde des entreprises (2) 

Deuxième Partie: les règles élémentaires.

Par Don Carol

 

Rappel de l’objectif de cet essai.

Le but de cette série de trois articles est de fournir une inspiration aux entreprises, en regardant les stratégies de survie qu’utilise le monde animal, car comme eux la survie des entreprises dépend de leur adaptation à l’environnement.

La faune et la flore ont eu des millions d’années pour mettre au point leurs stratégies dans un monde complexe mais relativement stable. Les entreprises aujourd’hui sont soumises à un temps accéléré. Les changements dus à la globalisation et aux évolutions technologiques sont de plus en plus imprévisibles et imposent une extrême flexibilité des business modèles pour survivre. L’histoire de l’économie des entreprises ne manque pas d’exemples de rapides transformations allant jusqu’à des changements complets de métier. Et même aujourd’hui les animaux se mettent à vivre en ville au milieu des hommes !

Les entreprises sont plus complexes que les animaux et doivent avoir de multiples stratégies: Chaque département ou filiales ou chaque projet met en oeuvre une stratégie particulière pour réussir. La souplesse des business modèles est essentielle car elle détermine la capacité à redéployer les ressources lorsqu’un marché se transforme ou que les clients changent leurs habitudes.

Comme justement la faune et la flore proposent une incroyable variété de stratégies et une étonnante souplesse, il peut se trouver que certaines d’entre elles puissent inspirer des adaptations. C’est donc le but de ce travail.

Règles élémentaires du monde animal et leur équivalent dans le monde des entreprises.

1/ Chez les animaux, la survie de l’espèce est l’unique finalité de la vie tout comme la pérennité de l’entreprise est sa finalité ultime.

Il y a dans l’ADN des animaux un programme qui fait de la survie de l’espèce une finalité suprême. C’est ce code contenu dans l’ADN qui oriente leur énergie vers la reproduction. L’alimentation n’est qu’une condition nécessaire pour la garantir.

Il y a dans le monde des entreprises l’équivalent de cet instinct de survie de l’espèce, c’est la Pérennité. Un instinct impérieux qui fait créer de nouveaux produits et assurer la continuation de l’entreprise. Et si on ne peut parler de “reproduction” dans le monde du business (et encore car les chaines sont des reproductions « clonesques ») en revanche on peut dire que les innovations et les “adaptations” que font les entreprises pour survivre en sont l’exacte réplique.

Cet instinct de préservation dans les espèces animales est si fort que l’on assiste parfois à des auto amputations (voir des suicides) qui ont aussi leurs équivalents dans les entreprises. Certaines amibes de terre fournissent un exemple de suicide partiel tout à fait intéressant: Ayant une mobilité pratiquement nulle, quand elles ont épuisé les ressources alimentaires qui sont à leur portée, elles mettent en oeuvre une transformation structurelle; Elles se déforment et s’étirent en un mat qui pointe hors du sol. Elles placent au sommet leurs spores de reproduction. Le vent se charge de les souffler alentour où la terre n’est pas épuisée et où elles se reconstituent. Les cellules qui formaient le corps de l’amibe se sont sacrifiées, car elles mourront, mais la survie est assurée.
Ceci rappel évidement les restructuration d’entreprises qui décident  de s’amputer d’une partie de leurs activités pour assurer la survie de l’entreprise elle même. Ou encore celles qui se dupliquent pour toujours se trouver dans les clusters de clients potentiels.

On retrouve l’instinct pérenne chez les collaborateurs d’une entreprise comme les abeilles d’une ruche: Chaque jour les milliers d’actions des collaborateurs vont dans le sens de la pérennité et ressemble à une ruche. Et si l’on pousse la comparaison, que dire de l’instinct d’entrepreneur qui crée et innove de façon presque incontrôlable?  Ce qui, à l’échelle d’un pays, représente chaque année des milliers d’initiatives qui toutes ne parviendront pas à maturité, comme les petites tortues ne parviennent pas toutes à la mer, mais cela ressemble à la nature qui prend en compte la perte statistique de la mortalité infantile et se sur-reproduit.

2/ L’investissement doit être rentable.

Dans les stratégies de recherche de nourriture on observe chez les animaux l’application d’une règle comptable rigoureuse: L’énergie investie pour la recherche de nourriture doit toujours être inférieure à la valeur énergétique procurée par la nourriture obtenue y compris les calories dépensée pour acquérir sa proie. Sinon il y aurait une perte calorique préjudiciable à la survie. C’est pourquoi le monde animal ne l’oublie pas. Un jaguar qui s’essouffle derrière une gazelle trop rapide arrêtera sa poursuite si son horloge interne lui indique qu’il dépense trop d’énergie par rapport au gain potentiel.

Les entreprises qui ne mesurent pas en temps réel leur rentabilité disparaissent. C’est le cas lorsqu’elles ont investi sur de mauvais créneaux ou poursuivi des lignes de produits et de services qui n’ont pas le bon potentiel de profit.

3/ La satiété est une limite naturelle chez l’animal qui ne mange que ce qui est nécessaire à sa survie.

Le chien arrête de manger quand la satiété est atteinte. Il y a rarement dans la nature cette anomalie d’accumulation même chez le glouton. Parfois des animaux comme les écureuils amassent des glands ou les ours se goinfrent de saumon avant l’hiver, mais c’est toujours pour couvrir leurs besoins en prévoyant des jours difficiles. Il arrive parfois qu’une couleuvre s’étouffe en essayant d’avaler une grenouille ou une souris trop grosse. Cela fait penser à certaines acquisitions d’entreprises qui posent de douloureux problèmes de digestion. Le clapet de la satiété des animaux qui régule leur recherche de nourriture semble ne pas toujours exister dans les entreprises. Ceci peut permettre de faire l’hypothèse que la non observation d’une horloge naturelle est une maladie d’entrepreneur qui ressemble à celle de la couleuvre.

4/ La mort est la conséquence impitoyable de l’erreur.

La seule sanction dans la nature pour celui qui ne parvient pas à se nourrir ou éviter son prédateur est la mort. Aucun filet. Très peu de secondes chances. L’erreur est fatale. La sélection naturelle élimine les faibles et ceux qui restent connaissent parfaitement leurs limites. Le monde animal est peuplé de professionnels.

Dans le monde des affaires la sélection naturelle est tout aussi impitoyable. Il y a cependant des rattrapages qui ne sont pas “naturels” car ils n’existent pas dans la nature. Ces rattrapages dus à des injections de capitaux dans des entreprises en difficulté ne parviennent pas toujours à les sauver si l’erreur n’a pas été corrigée. Ne pas réduire les charges d’une entreprise qui se trouve confrontée à un brutal tarissement du marché ne lui permettra pas de s’adapter en tentant un repositionnement. Cette question soulève tout un pan de réflexion sur le libéralisme de la nature comparée à celui du monde du travail.

Dans le troisième article nous verrons les différentes stratégies employées par les animaux pour 1/ manger, 2/ ne pas être mangé, 3/ s’adapter aux conditions 4/ afin de se reproduire.

Carol

 

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Stratégies de Survie.

Parallèle entre les Stratégies de Survie dans le monde animal et le monde des entreprises. Première Partie

Par Don Carol

Avertissement
Le monde est en proie à des crises convulsives chroniques. Cela pose une difficile problématique de survivance aux hommes et à leurs entreprises . Cette situation a toujours existé dans la nature où le cycle des saisons, les accidents météorologiques, la concurrence et la prédation contraignent animaux et plantes à des adaptations permanentes… sous peine de mort. C’est pourquoi m’est venue l’idée de faire un parallèle entre les stratégies de survie du monde animal avec celles du monde des entreprises.

L’idée est simple: En regardant comment les animaux ont survécu et évolué au cours de millions d’années en s’adaptant à leurs environnements changeant, on doit pouvoir dégager quelques idées sur la façon dont les entreprises aujourd’hui peuvent survivre à l’accélération du temps et à l’imprévisibilité du monde.

Cette comparaison a ses intérêts et ses limites et bien entendu quelques à priori. Tout d’abord le monde animal n’est pas soumis à certaines influences qui existent dans le monde humain. Je veux parler de morales et de religions, de mécanismes de pression médiatiques ou syndicales, des influences des systèmes juridiques ou de la corruption. Le monde animal est donc en quelques sortes plus “naturel”.

En revanche les lois et décrets qui gouvernent en partie l’action des décideurs économiques existent bien chez les animaux sous forme de lois de la nature. Mais elle ne tendent pas vers le même objectif. Les lois humaines visent à contrer certaines lois de la nature en particulier la “loi du plus fort”. Mais on sait bien qu’elle n’y parviennent pas. C’est donc un à priori de cette étude que les lois humaines ne parvenant pas vraiment à contrer les lois de la nature, la loi du plus fort existe bel et bien dans le monde des entreprises. C’est une raison de plus de comparer les stratégies de survies du monde animal avec celui les entreprises.

Autre élément de contexte à prendre en considération: Les adaptations du monde animal et végétal se sont faites en plusieurs millénaires. Alors que les entreprises aujourd’hui vivent avec un temps accéléré et leurs adaptations doivent se faire en temps réel.

Si certains animaux sont plus rapides que d’autres à s’adapter en mutant, c’est le cas des papillons, d’autre n’y parviennent pas tant les conditions leur sont inadéquates et disparaissent. Raison de plus pour s’inspirer des stratégies de survies des animaux qui doivent se nourrir en surveillant leur prédateur tout en risquant que la météo leur complique la tâche.

Les sources de cette étude sont très diverses: De même que le miel de l’abeille résulte d’un butinage dans les plaines qui l’entourent, mon texte est le produit de mes recherches sur les champs du net. Le sujet est effrayant tellement il est vaste et riche de possibilités. Il est facile de s’y perdre tant chaque espèce animale est passionnante.

L’ambition d’une véritable étude comparative supposerait que l’on détiennent la profondeur des connaissances de biologiste, d’économistes, d’écologistes ou de comportementalistes. Ce n’est pas mon cas. Les lignes qui suivent sont donc très insatisfaisante par rapport à l’intérêt du sujet. Alors l’intention est simplement de faire germer quelques approches stratégiques en s’inspirant de celles du monde animal et végétal.

Cet essai sera publié en quatres parties.

Partie 1.
Sur quoi peut on baser une comparaison du monde animal avec le monde de l’entreprise?

L’animal doit manger pour survivre et l’entreprise doit engranger des profits pour survivre.

Nourriture = profit. Ce n’est pas un hasard si l’on dit que “manger profite”. Dans les deux cas, ne pas manger pour les animaux et ne pas faire de profit pour les entreprises conduit à la mort ou à la faillite. On peut donc, si l’on pense que la nature est un bon exemple, dire que le profit est naturel. Ce qui n’est pas le cas dans certains pays de culture héritée de l’église catholique romaine où gagner de l’argent était et est encore mal vu et emprunter était interdit, alors que dans d’autres, de culture protestante, c’est un devoir dans une vie que de gagner et fructifier. Par dérivation le simple fait de “Gagner” finit par être considéré avec méfiance chez les uns et respect chez les autres. C’est donc un exemple où une religion vient à l’encontre d’une loi naturelle alors qu’une autre la place au centre de la vie économique.

Les animaux pratiquent différentes techniques pour obtenir leur nourriture/profit. Les  entreprises pratiquent un métier, des techniques et un savoir faire pour faire leur profit.

Il y a de l’ingéniosité dans la nature. Les araignées tissent des toiles, les abeilles transforment le pollen en miel, des fourmis cultivent les champignons et d’autres élèvent des pucerons, les lionnes chassent leurs proies en équipe, les dauphins font des nuages de sable pour encercler des bancs de poissons, les tigres chassent en solitaire etc. En gros il y a les métiers de production, de culture, de cueillette, d’élevage etc. Cependant certains métiers n’existent pas dans la nature comme les services, les avocats, les administrations, les notaires (pas d’héritage ni de propriétés dans la nature sauf une territorialité dans certains cas).

Le milieu naturel d’un animal équivaut au marché d’une entreprise. Sa richesse et sa taille conditionnent les stratégies de survie et les stratégies territoriales.

Le milieu naturel évolue selon les saisons ce qui force l’animal à modifier sa recherche de nourriture. Ce qui se traduit par des migrations à l’approche de l’hiver quand la nourriture se raréfie;  par des déplacements pour rechercher les lieux ou les proies abondent; par des changements de mode de consommation selon les cueillettes saisonnières, ou tout simplement par une mise en état d’hibernation pour laisser passer l’absence de nourriture, etc

Ce milieu naturel, qui est le marché pour l’entreprise, peut être cause de faillite s’il n’est pas pris en compte. Or pourtant, certaines entreprises semblent ne rien voir venir par une sorte de cécité paralysante devant la baisse de leur résultats ou par une arrogance basée sur le principe du “j’ai réussi et je réussirait toujours”. Ou encore certaines entreprises sont empêchées d’évoluer par des lois qui veulent réguler leur facultés d’adaptation faisant fi des transformations des marchés.

La rigidité n’est pas naturelle dans un monde où tout évolue sans cesse. Chez les animaux elle est rare. Il n’y a pas de seconde chance dans la nature. Si le marché est épuisé, l’entreprise doit se reconvertir ou disparaître tout comme l’animal change sa nourriture ou migre. Le milieu économique, français par exemple, a perdu de son naturel par les rigidités et le nombre de ses lois sur le travail et en particulier sur le licenciement. Le milieu chinois en est à l’opposé et le milieu américain est entre les deux.

Enfin n’oublions pas les entreprises dont l’adaptation n’est plus possible car elles ne s’appartiennent plus: Leurs dirigeants ont perdu le pouvoir au profit des actionnaires qui ne poursuivent pas toujours les memes objectifs que  ceux de leurs fondateurs.

Presque chaque élément de la flore et de la faune est à la fois proie et prédateur. Les entreprises sont parfois la proie d’un concurrent ou le raider d’un autre, le client de l’un ou le fournisseur de l’autre et parfois les deux. 

A l’exception des extrêmes qui ne risquent rien et encore ce n’est pas sûr, chaque maillon de la chaîne alimentaire doit se méfier de ses voisins. En somme chaque animal est soumis non seulement à son environnement naturel mais à la faune et la flore qui cherchent à faire de lui son profit personnel.

La surveillance constante de son environnement pour les animaux est essentielle pour la chasse tout autant que pour se protéger des attaques de son prédateur ou de son semblable lequel est toujours un concurrent au moment de partager une proie.

Le caméléon, quand il chasse, dirige son oeil gauche sur l’insecte qu’il convoite et en même temps son oeil droit surveille dans toutes les directions l’attaque possible d’un prédateur. Les cervidés dirigent chaque oreille dans un direction différente pour détecter le moindre bruit alentours.

L’entreprise se doit, elle aussi, de surveiller concurrents, fournisseurs, clients et distributeurs, législateurs et régulateurs par tous les moyens dont elle dispose depuis l’interview jusqu’à l’intelligence économique pour anticiper son avenir. Un oeil sur le client et l’autre sur le concurrent comme le caméléon. Ne pas surveiller, tester, évaluer, sans faire de bruit ni être remarqué entraîne la perte du profit, ou la perte de l’entreprise elle même.

L’environnement (terre, mer, air, plantes, corps vivants etc…) interagit localement avec les mondes animal et végétal; tout comme ils interagissent constamment à l’échelle planétaire.

La maladie des coraux réduit la faune dont il est l’environnement et toute la chaîne alimentaire locale en est bouleversée. Un mauvaise saison au Canada affectera la reproduction des papillons monarques et 5000 kilomètres plus loin dans les forets des montagnes du Mexique ou ils migrent pour l’hiver certains oiseaux qui s’en nourrissent en seront affectés. L’interdépendance faune et flore n’est pas à démontrer.

Mais alors que dire de l’interdépendance des mondes de l’entreprise avec leurs environnements? Le tsunami qui provoqua le drame de Fukushima a ralenti les livraisons d’IPad aux États Unis. Les entreprises sont soumises aux aléas de la nature mais elle même sont responsable de bien des déséquilibres. Cette fois la question concerne l’environnement naturel, pas seulement les marchés. Alors que la globalisation est un fait admis, qu’il est clair que le monde est un domino, beaucoup d’entreprises continuent d’agir comme si ce n’était pas le cas. Les stratégies catastrophes des entreprises pour ne pas rompre la chaîne de fourniture et de production ressemblent à celles des animaux soumis à un brutal changement de leur environnement

Les animaux survivent souvent grâce à leur capacité à communiquer. Ils communiquent pour avertir d’un danger, pour signaler une nourriture, pour coordonner une attaque ou enfin pour rechercher un partenaire.

On retrouve là les fonctions vitales: se nourrir, attaquer ou se défendre et enfin se reproduire. On ne sait pas encore grand chose de la communication de certains animaux mais l’on sait que tous la pratiquent. Elle est orale mais aussi écrite, quand un animal marque son territoire avec ses excréments, olfactive et visuelle comme par exemple lorsque certains oiseaux mâles s’embellissent au moment de la reproduction. On utilise aussi des moyens très modernes comme le radar chez les chauves souris ou on ne sait quelle Facebook ou Twitter pour les bancs de poissons qui évoluent tous ensemble. Bref un défaut de communication et on est mangé.

La communication chez les entreprises est aussi essentielle, elle s’appelle internet, publicité, logo ou packaging, relation presse quand elle veut se faire connaitre, séduire, attaquer ou se défendre.

La reproduction animale correspond aux actions qui assurent leur pérennité aux entreprise. Il y a ce même instinct dans les deux mondes.

Chez l’animal l’instinct de survie est un programme ADN qui se retrouve dans chaque cellule de son corps, comme chez l’homme. La seule fonction de ce programme est d’assurer la pérennité de la cellule et donc de l’espèce toute entière. Cette force de vie, de survie et de reproduction est pour certains philosophes la plus forte énergie qui soit et qui est à l’origine de toute action. Pour Schopenhauer en particulier l’instinct sexuel est la seule force qui préside à toute décision qu’elle soit économique, politique ou sociale.

Les entreprises ont cette même force intérieure qui n’est pas évoquée tant elle est intrinsèquement liée à sa propre existence. Chaque collaborateur qui compose son équipe agit dans le sens du développement et de la survie, comme chaque cellule agit selon le programme ADN. Ainsi la recherche de profit, la préservation d’un personnel qualifié et le développement sont les instincts premiers d’une entreprise qui concourent tous à la pérennité. La croissance, la compétition et le métier sont sa vie quotidienne et les moyens qu’elle met en oeuvre dépendent de sa capacité à percevoir son environnement, à mesurer son marché, à évoluer sa stratégie, à mettre en oeuvre son action plus rapidement que ses concurrents et à réaliser son profit.


Donc nourriture comme profit, technique de recherche de nourriture comme métier, milieu naturel comme marché et concurrents,  proie comme, prédateur comme raider, diversité des espèces et milieu comme secteurs économiques, reproduction comme pérennité sont les équivalences des deux mondes sur lesquelles ce travail veut s’appuyer pour donner aux entreprises un rappel de la facon dont la nature avant elle a reussi à se développer depuis quelques millions d’années. 

Suite bientôt.      

Carol

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Déterrer son Authenticité.

Par Carol Frachon. BusinessLifeSuccess

Hésitations, insatisfaction, manque de confiance en soi  (tout comme leur opposés) sont des indicateurs de ce que nous avons perdu notre authenticité. Nous ne sommes pas nous-mêmes.

Notre réelle authenticité est celle de notre petite enfance. Bébé, nous savions exactement ce que nous voulions et ce que nous aimions. Nos désirs et nos actions étaient authentiquement les nôtres. Bien sûr nous ne savions pas que nous voudrions un jour devenir chirurgien, que nous aimerions l’Art et les promenades à cheval. Mais nous savions que nous aimions démonter les jouets, peindre les murs avec de la purée et tirer la queue du chien.

Malheureusement ces goûts et ces actions qui étaient des certitudes alors, seront bien vite enterrées par nos parents, éducateurs, professeurs, amis, patrons, média, … On devient en grandissant le produit de son entourage, de son époque, de sa culture. Nos actions, nos paroles reflètent davantage des savoirs acquis, des faits établis, la politesse et des peurs plutôt que notre vrai fond, nos émotions et nos passions. Et, dommage, on n’est pas chirurgien, on ne peint pas et on n’est jamais monté sur un cheval.

En fait nous nous sommes construit peu à peu à coté de nous même. Un peu comme si la Tour Eiffel faisait un angle à 90 degrés à partir du premier étage. Ce porte à faux demanderait un effort considérable pour éviter la chute de l’édifice. C’est exactement ce que nous sommes. Nous dépensons une énergie considérable pour soutenir ce “nous même” à 90 degrés. C’est ce que j’appelle être inauthentique. C’est épuisant.

Toucher à cette construction se heurte à la crainte de la voir s’effondrer. On s’accroche à soi-même. On redoute l’intervention d’un psychothérapeute de peur qu’il retire des écrous essentiel à la tenue de l’édifice de notre personne.

Admettre que l’on joue un rôle qui n’est pas le sien est une étape douloureuse. Elle est rarement volontaire. Il faut le plus souvent qu’un évènement extérieur joue le rôle de déclencheur. Un changement brutal de vie ou un choc émotionnel sont nécessaires pour reposer la question de ses fondamentaux.

Il y a pourtant un moyen de faire un état des lieux qui n’oblige pas à fouiller son passé pour découvrir ce que papa et maman ont bien pu dire ou faire pour expliquer notre insatisfaction. La solution est dans le présent, elle est sous nos pieds à quelques pelletées sous terre. Ce sont nos fondations faites de grosses pierres qui représentent notre authenticité d’enfance.

Retrouver ses fondations c’est retrouver ce que l’on aime vraiment. Ce que l’on a toujours voulu être mais jamais été et qui nous correspondrait absolument. Ce que l’on a toujours voulu faire et jamais fait et qui nous satisferait pleinement.

Ce petit travail archéologique entraîne de grands changements mais il libère simultanément une énergie fantastique. Plus besoin de soutenir un personnage construit à coté de soi-même. Tout le poids de son édifice personnel est aligné à la verticale de ses fondations et plus aucun effort n’est requis pour se maintenir.

L’énergie récupérée peut être consacrée à être soi-même. Authentique.

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Sir Ken Robinson, “Faisons la révolution dans l’éducation”.

Je me suis permis de faire une traduction-résumée d’une TED conférence car je n’aurais jamais pu mieux exprimer ce que je pense à propos de l’enseignement. Don Carol.

Vous trouverez la VO de cette conférence sur ce lien: http://www.ted.com/talks/sir_ken_robinson_bring_on_the_revolution.html

Al Gore parles d’une crise des ressources naturelles mais il y a une crise bien plus grave encore, celle des ressources humaines.
Il est préoccupant de voir à quel point il est fait un mauvais usage des talents. Certaines personnes traversent leur vie sans connaître les leurs, certaines même sont dissuadées de les réaliser. Peu de gens font le métier qu’ils aiment.
Mais ceux qui ont trouvé leur voie ne concevraient pas de faire autre chose. Ils “sont” ce qu’ils font. Ils ne voient pas le temps passer.
Les ressources humaines sont comme les ressources naturelles, elles sont enfouies profondément. Il ne suffit pas de se baisser pour les ramasser sur le sol autours de soi, il faut créer les circonstances qui les feront pousser.

Aujourd’hui tous les systèmes d’éducation dans le monde sont en réforme. Mais l’éducation ne doit pas être réformée, parce que reformer un modèle cassé, ça ne marche pas.  L’éducation doit être révolutionnée elle doit être transformée en quelque chose d’autre.

Changer quelque chose est toujours difficile car cela veut dire challenger des idées que l’on prend pour acquises. Des choses qui nous semblent évidentes. C’est ce que l’on peut appeler la tyrannie du sens commun.
Abraham Lincoln disait en 1862: “Les dogmes du passé tranquille sont inadéquats aux tempêtes de notre présent. Quand la situation est nouvelle, nous devons penser et agir de façon nouvelle”.

Beaucoup d’idées qui ont cours dans ce siècle ont été conçues pour résoudre des difficultés dans le siècle précédent. Aujourd’hui elles nous hypnotisent encore et pourtant il faut nous en détacher pour pouvoir reformer. La difficulté ici est de reconnaître ce que nous tenons pour acquis et qui pourtant ne l’est plus.
Sir Ken Robinson interroge alors son audience pour savoir qui a moins de 25 ans, peu de bras se lèvent. Il demande alors qui porte une montre au poignet, et presque tous lèvent la mains. ” Ma fille, dit il, à 20 ans, n’a jamais porté de montre. À  l’heure des portables elle ne voit pas l’utilité d’un appareil mono fonction. Nous vivons en même temps qu’elle et pourtant nous continuons”.
Il y a des exemples dans l’éducation que nous prenons pour acquis comme l’idée de linéarité: En nous plaçant dans les rails et en suivant tout le cursus nous devrions être parés pour le reste de notre vie. Pourtant la vie n’est pas linéaire, elle est organique. Nous nous adaptons aux circonstances.

Alors à quoi rime cette obsession de pousser les étudiants à l’université? Pourquoi tout le monde? Pourquoi maintenant? Pourquoi pas plus tard? Un professeur tenta de dissuader un jeune homme qui souhaitait depuis le jardin d’enfant devenir pompier: Ce serait du gâchis, tu devais aller à l’université etc. Le jeune homme résista, devint pompier et quelques années plus tard sauva la vie de son professeur… il a peut être changé d’avis depuis.

Les communautés humaines dépendent d’une diversité des talents, pas d’une conception singulière des capacités. Nous devons mettre au cœur de nos changements la diversité des talents et des intelligences.

Nos systèmes éducatifs sont conformistes. Ils imitent le modèle du fastfood. Pourtant il y a un autre modèle de restauration, celui qui prépare ce que les saisons offrent localement.
Ce modèle de fastfood appliqué à l’éducation affaibli nos esprits et notre énergie tout comme en restauration il détraque nos organismes.
Il faut intégrer notre diversité de talents et d’aptitudes comme une richesse humaine. Sir Ken Robinson a reçu sa première guitare en même temps que Éric Clapton. Tous ses efforts n’ont fait que prouver le talent d’Eric…

Enfin le rôle de la passion doit être reconnu dans l’éducation car on est meilleur dans ce que l’on aime. La passion stimule l’esprit et l’énergie et le temps ne compte plus pour s’améliorer.

Nous devons passer d’un modèle éducatif industriel basé sur la linéarité, la conformité et le regroupement de masses à un modèle imité de l’agriculture. Nous devons reconnaître que l’épanouissement humain n’est pas un processus mécanique mais un processus organique. On ne peut pas prévoir le développement d’un être humain mais on peut seulement, comme un fermier, créer les conditions dans lesquelles l’épanouissement sera possible.

Donc quand on envisage de réformer l’éducation ce n’est pas en clonant un système sur les autres, même s’il y en a d’excellents, mais en s’adaptant aux circonstances et en personnalisant la formation à celui qui la reçoit.

La solution pour reformer l’éducation est la création d’un mouvement dans lequel les étudiants construisent leur propre solution mais avec un support extérieur basé sur un curriculum individuel.

Il y a dans cette audience des gens qui représentent de grands succès dans le business, le multimédia et l’Internet. Ces technologies combinées avec le talent des professeurs fournissent une opportunité de révolutionner l’éducation pour la faire passer du modèle industriel au modèle agricole.

Partout nos enfants portent des rêves dans leur esprits, leurs
énergies et leurs talents. Traitons les avec respect.

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