Parallèle entre les Stratégies de Survie dans le monde animal et le monde des entreprises (Partie 2)

Parallèle entre les Stratégies de Survie dans le monde animal et le monde des entreprises (2) 

Deuxième Partie: les règles élémentaires.

Par Don Carol

 

Rappel de l’objectif de cet essai.

Le but de cette série de trois articles est de fournir une inspiration aux entreprises, en regardant les stratégies de survie qu’utilise le monde animal, car comme eux la survie des entreprises dépend de leur adaptation à l’environnement.

La faune et la flore ont eu des millions d’années pour mettre au point leurs stratégies dans un monde complexe mais relativement stable. Les entreprises aujourd’hui sont soumises à un temps accéléré. Les changements dus à la globalisation et aux évolutions technologiques sont de plus en plus imprévisibles et imposent une extrême flexibilité des business modèles pour survivre. L’histoire de l’économie des entreprises ne manque pas d’exemples de rapides transformations allant jusqu’à des changements complets de métier. Et même aujourd’hui les animaux se mettent à vivre en ville au milieu des hommes !

Les entreprises sont plus complexes que les animaux et doivent avoir de multiples stratégies: Chaque département ou filiales ou chaque projet met en oeuvre une stratégie particulière pour réussir. La souplesse des business modèles est essentielle car elle détermine la capacité à redéployer les ressources lorsqu’un marché se transforme ou que les clients changent leurs habitudes.

Comme justement la faune et la flore proposent une incroyable variété de stratégies et une étonnante souplesse, il peut se trouver que certaines d’entre elles puissent inspirer des adaptations. C’est donc le but de ce travail.

Règles élémentaires du monde animal et leur équivalent dans le monde des entreprises.

1/ Chez les animaux, la survie de l’espèce est l’unique finalité de la vie tout comme la pérennité de l’entreprise est sa finalité ultime.

Il y a dans l’ADN des animaux un programme qui fait de la survie de l’espèce une finalité suprême. C’est ce code contenu dans l’ADN qui oriente leur énergie vers la reproduction. L’alimentation n’est qu’une condition nécessaire pour la garantir.

Il y a dans le monde des entreprises l’équivalent de cet instinct de survie de l’espèce, c’est la Pérennité. Un instinct impérieux qui fait créer de nouveaux produits et assurer la continuation de l’entreprise. Et si on ne peut parler de “reproduction” dans le monde du business (et encore car les chaines sont des reproductions « clonesques ») en revanche on peut dire que les innovations et les “adaptations” que font les entreprises pour survivre en sont l’exacte réplique.

Cet instinct de préservation dans les espèces animales est si fort que l’on assiste parfois à des auto amputations (voir des suicides) qui ont aussi leurs équivalents dans les entreprises. Certaines amibes de terre fournissent un exemple de suicide partiel tout à fait intéressant: Ayant une mobilité pratiquement nulle, quand elles ont épuisé les ressources alimentaires qui sont à leur portée, elles mettent en oeuvre une transformation structurelle; Elles se déforment et s’étirent en un mat qui pointe hors du sol. Elles placent au sommet leurs spores de reproduction. Le vent se charge de les souffler alentour où la terre n’est pas épuisée et où elles se reconstituent. Les cellules qui formaient le corps de l’amibe se sont sacrifiées, car elles mourront, mais la survie est assurée.
Ceci rappel évidement les restructuration d’entreprises qui décident  de s’amputer d’une partie de leurs activités pour assurer la survie de l’entreprise elle même. Ou encore celles qui se dupliquent pour toujours se trouver dans les clusters de clients potentiels.

On retrouve l’instinct pérenne chez les collaborateurs d’une entreprise comme les abeilles d’une ruche: Chaque jour les milliers d’actions des collaborateurs vont dans le sens de la pérennité et ressemble à une ruche. Et si l’on pousse la comparaison, que dire de l’instinct d’entrepreneur qui crée et innove de façon presque incontrôlable?  Ce qui, à l’échelle d’un pays, représente chaque année des milliers d’initiatives qui toutes ne parviendront pas à maturité, comme les petites tortues ne parviennent pas toutes à la mer, mais cela ressemble à la nature qui prend en compte la perte statistique de la mortalité infantile et se sur-reproduit.

2/ L’investissement doit être rentable.

Dans les stratégies de recherche de nourriture on observe chez les animaux l’application d’une règle comptable rigoureuse: L’énergie investie pour la recherche de nourriture doit toujours être inférieure à la valeur énergétique procurée par la nourriture obtenue y compris les calories dépensée pour acquérir sa proie. Sinon il y aurait une perte calorique préjudiciable à la survie. C’est pourquoi le monde animal ne l’oublie pas. Un jaguar qui s’essouffle derrière une gazelle trop rapide arrêtera sa poursuite si son horloge interne lui indique qu’il dépense trop d’énergie par rapport au gain potentiel.

Les entreprises qui ne mesurent pas en temps réel leur rentabilité disparaissent. C’est le cas lorsqu’elles ont investi sur de mauvais créneaux ou poursuivi des lignes de produits et de services qui n’ont pas le bon potentiel de profit.

3/ La satiété est une limite naturelle chez l’animal qui ne mange que ce qui est nécessaire à sa survie.

Le chien arrête de manger quand la satiété est atteinte. Il y a rarement dans la nature cette anomalie d’accumulation même chez le glouton. Parfois des animaux comme les écureuils amassent des glands ou les ours se goinfrent de saumon avant l’hiver, mais c’est toujours pour couvrir leurs besoins en prévoyant des jours difficiles. Il arrive parfois qu’une couleuvre s’étouffe en essayant d’avaler une grenouille ou une souris trop grosse. Cela fait penser à certaines acquisitions d’entreprises qui posent de douloureux problèmes de digestion. Le clapet de la satiété des animaux qui régule leur recherche de nourriture semble ne pas toujours exister dans les entreprises. Ceci peut permettre de faire l’hypothèse que la non observation d’une horloge naturelle est une maladie d’entrepreneur qui ressemble à celle de la couleuvre.

4/ La mort est la conséquence impitoyable de l’erreur.

La seule sanction dans la nature pour celui qui ne parvient pas à se nourrir ou éviter son prédateur est la mort. Aucun filet. Très peu de secondes chances. L’erreur est fatale. La sélection naturelle élimine les faibles et ceux qui restent connaissent parfaitement leurs limites. Le monde animal est peuplé de professionnels.

Dans le monde des affaires la sélection naturelle est tout aussi impitoyable. Il y a cependant des rattrapages qui ne sont pas “naturels” car ils n’existent pas dans la nature. Ces rattrapages dus à des injections de capitaux dans des entreprises en difficulté ne parviennent pas toujours à les sauver si l’erreur n’a pas été corrigée. Ne pas réduire les charges d’une entreprise qui se trouve confrontée à un brutal tarissement du marché ne lui permettra pas de s’adapter en tentant un repositionnement. Cette question soulève tout un pan de réflexion sur le libéralisme de la nature comparée à celui du monde du travail.

Dans le troisième article nous verrons les différentes stratégies employées par les animaux pour 1/ manger, 2/ ne pas être mangé, 3/ s’adapter aux conditions 4/ afin de se reproduire.

Carol

 

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About DonCarol

Mentor and coach to managers and entrepreneurs. Author of an essay on cultural differences in work and daily life between France and America. Carries more than 20 years of experience in international fortune 500 corporations before to start his own company.
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1 Response to Parallèle entre les Stratégies de Survie dans le monde animal et le monde des entreprises (Partie 2)

  1. Marc Annouchi's avatar Marc Annouchi says:

    Ce deuxième volet était plein de doctes et utiles enseignements. Vivement le troisième volet…

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