Au début ils ne me dérangeaient pas. Ils n’étaient pas très nombreux et ne faisaient pas trop de bruit. Ils prenaient juste ce qu’il leur fallait et se promenaient gaiement. Ils ne faisaient pas beaucoup de fumée et presqu’aucune ordures. Je les ai beaucoup aidé. Je me suis arrangé pour qu’ils ne manquent de rien, eau, nourriture, fruits et légumes, viande et herbes. Je leur ai fait un vrai paradis.
Et puis ils ont changé. Peu à peu leur caractère est devenu agressif et ils se sont mis a se disputer fréquemment. J’ai remarqué qu’ils ne chantaient plus. Ils restaient au même endroit. Je ne sais pas si c’est pour gagner leurs disputes qu’ils se sont mis à se multiplier comme des lapins mais c’est là que tout a commencé à mal tourner.
Et maintenant plus personne ne reste tranquille. Ils bougent de façon frénétique. Ils passent leur temps à voyager d’un bout à l’autre du monde. Ils transportent tout ce qui est d’un côté pour le déposer de l’autre. Et inversement. Ils sont devenus sales. Leur déchets va bientôt les étouffer et déjà ils les rendent malade. Ils tapissent les sols comme une tache qui s’étend au fur et à mesure que leur nombre augmente. Ils ont repoussé le vert à la limite sans se rendre compte qu’ils en ont besoin. Il ne veulent qu’eux ici alors ils tuent tout.
Il va bien falloir les arrêter tout de même ! Je n’en peux plus. Si je les laisse faire encore plus longtemps on va tous y passer. J’étouffe je ne peux presque plus respirer. Il va falloir être malin. Se faire tout petit et entrer discrètement. Les détraquer de l’intérieur. Leur faire pareil, les étouffer eux aussi. Peut-être qu’il comprendront.
Quel dommage. C’est quand même moi qui leur ai tout donné et ils m’ont tellement abusée que je suis obligée de me défendre. J’ai rien dit quand ils ont épuisé la forêt, supprimé jour après jour toutes les belles espèces qui les entouraient, obscurci le ciel de poussière, bétonné ma peau. Mais là c’est eux ou moi alors je dois les arrêter.
La nature.
Très beau texte ! Merci Carol 😉
🏠 Xuân T. LIENHARDT
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